OSAT : les idées suicidaires ont doublé chez les PH en un an

L'Observatoire de la souffrance au travail (OSAT) vient de publier son bilan 2019. Les idées suicidaires chez les PH gagnent du terrain. 

Lancé le 7 septembre 2017 par l’intersyndicale de praticiens hospitaliers Action praticiens hôpital, l’observatoire de la souffrance au travail (OSAT) vient de rendre public son bilan pour l’année 2019. À noter : ce bilan a été établi à partir de 57 fiches de souffrances déclarées en 2019 (23% de CHU, 72% de CH, et 4% d’EPSM et 2% d’Espic). 

Une donnée semble particulièrement alarmante : le nombre d’idées suicidaires chez ces PH déclarants à bondi, et concerne 25% d’entre eux, soit le double de ce qu’avait pu constater l’OSAT en 2018. Autre donnée : 9% des  PH déclaraient une addiction… 

Comme l’an dernier, les femmes étaient deux fois plus concernées, puisqu’elles ont été à l’origine des deux tiers des déclarations. L’âge moyen des déclarants est de 48 ans et ils sont PH à temps plein à 77%. Les spécialités les plus concernées sont l’anesthésie-réanimation, la pharmacie et la médecine d’urgence. 

Les causes de cette souffrance au travail sont, comme l’an dernier, la gouvernance dans l’établissement de santé (63% des déclarations), une surcharge de travail (53%), un manque de personnels médicaux (49%), une présomption de harcèlement moral (47%). 

Cette souffrance au travail a eu pour conséquence des troubles du sommeil pour 77% des déclarants, des troubles anxio-dépressifs dans 65% des cas, et des troubles alimentaires dans 40% des cas. Aussi, cette souffrance au travail avait entrainé un arrêt de travail de plus de deux semaines pour 26% des déclarants. Pour mettre fin à cet état de fait, les PH se soustrayaient à l’activité en recherchant une mutation dans 37% des cas, ou en envisageant une démission dans 32% des cas. La protection fonctionnelle, qui est une aide juridique accordée par l’établissement de santé, n’était pas demandée dans 78% des cas. « Pour rechercher un soutien, les déclarants avaient entrepris des démarches vers le supérieur hiérarchique dans 32% des cas, vers le président de CME dans 32% des cas, le médecin traitant dans 30% des cas, le médecin du travail dans 49% des cas, le CDOM dans 16% des cas, le CNG dans 9% des cas, un avocat (12%) et l’ARS (12%) », note APH dans son communiqué. 

Portrait de Jean-Bernard Gervais

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