On ne vit que deux fois

Déclarés morts, mais Sean Connery

Un jeune Indien, déclaré mort à la suite d’un accident de la route, s’est réveillé à la morgue, alors que le légiste était sur le point de pratiquer son autopsie. Un cas rare mais pas isolé !

J’ai systématiquement cette réflexion, une fois sur la route des vacances, quand tout demi-tour devient inenvisageable : je sais que j’ai fermé l’eau et le gaz, je m’en souviens très bien. Mais sont-ils véritablement bien coupés ? À côté, certifier le décès d’un patient paraît un peu angoissant… C’est la hantise de nombreux médecins, qui ont peur, de manière apparemment irrationnelle, d'être passé à côté d’un battement de coeur.

Peut-être pas si irrationnelle que ça ! Régulièrement, des cas de réveils inattendus font écho dans les couloirs des hôpitaux. Et ce ne sont pas que des légendes urbaines. Le 4 mars dernier, à Chhindawara, dans le centre de l’Inde, un pouls a été détecté sur un patient déclaré mort… au moment où le médecin légiste était sur le point de commencer l’autopsie.

Mauvais timing

L’homme, un jeune interne, avait été admis dans un hôpital local à la suite d’un accident de voiture. Son état se dégradant, il a été transféré dans une clinique, où il a finalement été déclaré en mort cérébrale, et renvoyé vers le premier hôpital, où le décès a été prononcé. Il a ensuite été déplacé à la morgue, en vue de son autopsie.

Là, le Dr Nirnay Panday, médecin légiste, a eu la présence d’esprit de vérifier son pouls avant de commencer son autopsie. Le jeune homme était vivant. « Parfois, chez les patients en mort cérébrale, le coeur et le système respiratoire arrêtent de fonctionner de manière transitoire, et c’est ce qui a dû se produire ici », explique un médecin de l’hôpital. L’examen a dû tomber au mauvais moment.

Un ronflement salvateur

Le patient indien était en état de mort cérébrale, mais ce n’est pas toujours le cas. Le 7 janvier dernier, un prisonnier espagnol de 29 ans, retrouvé inanimé dans le fauteuil de sa cellule et déclaré mort successivement par trois médecins, s’est réveillé 24 heures plus tard.

Entre temps, les légistes de l’institut de médecine légale où il avait été transféré ont vécu une situation que personne ne leur envie. Alors qu’ils était à la morgue, et que le "cadavre", enfermé dans son sac mortuaire, avait déjà été marqué pour l’autopsie, les médecins ont entendu… des ronflements ! En ouvrant le sac, ils se sont aperçus que l’homme n’était pas vraiment décédé. Ils l’ont envoyé en urgence – sous bonne garde, au cas où – à l’hôpital.

La cata

Dans leur rapport, les deux médecins qui avaient examiné le prisonnier dans sa cellule et avant son transfert avaient déclaré avoir observé des signes de cyanose et une rigidité cadavérique, en plus d’un arrêt cardio-respiratoire. Le patient n’étant pas en hypothermie, ils ont donc estimé que la mort était réelle et constante.

Des responsables de l’hôpital où il a pu être ranimé ont expliqué que le prisonnier avait sans doute été victime de catalepsie, ce qui expliquerait la plupart des signes – sauf la cyanose. Le patient souffrait d’épilepsie, et était sous médication, mais sa famille a souligné qu’il était peu rigoureux dans l’observance de son traitement. L’épilepsie peut elle être seule responsable ou alors, fantasmons un peu, avait-il tenté une évasion en simulant sa mort avec de la ricine ? Troisième explication possible, une tentative de suicide médicamenteux.

Aidez-nous

Une question est aussi soulevée. Le patient aurait-il pu passer pour mort au cours de trois examens successifs ? La famille semble convaincue que, si le premier médecin a peut-être commis une erreur de bonne foi en déclarant son décès, les deux autres se sont sans doute contentés de copier sur leur confrère, sans prendre la peine de vérifier. Ou alors, c'est vraiment pas de bol... Médecins urgentistes (et les autres), pensez à bien le faire après les gardes de vos internes !

Aux dernières nouvelles, le prisonnier espagnol a repris conscience à l’hôpital, 24 heures après sa mort, et a pu parler. Plutôt une bonne nouvelle. Il ne souffrait finalement que d’une pneumonie causée par les heures qu’il a passées en chambre froide. Mais le cas suscite l’interrogation à What’s up Doc, notamment autour de la cyanose. Et vous, quel est votre interprétation ? D’où la cyanose peut-elle provenir ?

Source: 

Jonathan Herchkovitch

Portrait de La rédaction

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