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Les signataires partent du constat d'une "pénurie croissante en ressources humaines" : "le nombre de gynécologues en formation est en augmentation, mais seule la moitié d’entre eux envisagent de pratiquer l'obstétrique", écrivent-ils notamment, pointant la "lourdeur des gardes" et une "faible valorisation financière".
Par ailleurs, "les sages-femmes désertent les maternités, et l’on assiste à un abandon de la profession en raison des conditions d’exercice et non par manque d’intérêt du métier".
Les sur-spécialités telles que la réanimation néonatale ou la réanimation pédiatrique sont désertées par les internes, soulignent-ils, "encore une fois, à cause des contraintes qu’elles comportent mais aussi souvent des conditions de travail difficiles".
Cette "crise des métiers" conduit à un recours à l’intérim dans environ 70% des maternités de type 1 (qui accueillent les grossesses a priori sans risque), et 80% des maternités de moins de 1 000 naissances.
Pour la fédération, il semble "urgent" d'"innover dans l’organisation des soins en périnatalité".
« Il n’est pas question que toutes les maternités de moins de 1 000 naissances ferment, mais... »
Les signataires constatent que les maternités les plus fragiles sont "déjà délaissées par les usagers les plus favorisés" et jugent indispensable un regroupement "non pas des maternités mais des plateaux techniques d’accouchement (salles de naissance, bloc opératoire)".
Cette mesure devra s'accompagner d’un renforcement des moyens humains comme matériels, estiment-ils.
La fédération souhaite aussi la création de centres périnataux de proximité, articulés autour de maternités de référence.
Et les signataires considèrent, contrairement aux préconisations d’un récent rapport de l’Académie de médecine, qu'"il n’est, bien entendu, pas question que toutes les maternités de moins de 1 000 naissances ferment mais qu’une réflexion soit menée sur celles qui sont indispensables sur notre territoire", par leur situation géographique ou leur niveau d'expertise.
"Un consensus existe sur la nécessité urgente d’innover, de proposer une autre offre de soins adaptée à chaque territoire, pour éviter la chronique d’une mort annoncée de la périnatalité en France", écrivent-ils, plaidant pour des Assises de la périnatalité, évoqués par l'ancien ministre de la Santé François Braun.
Avec AFP
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