Midazolam : un accès facilité pour les médecins généralistes

La HAS vient de publier ce lundi 10 février une recommandation de bonne pratique qui ouvre la voie à une plus grande accessibilité au midazolam.
 

« Refuser d’étendre aux médecins généralistes l’emploi du midazolam est d’une grande hypocrisie », dénonçait le Pr Didier Sicard, ancien président du Comité consultatif national d’éthique, dans une tribune publiée par Le Monde. Tandis qu’Agnès Buzyn demandait dans un courrier que des travaux soient menés de manière urgente par ses services pour « encadrer, sécuriser et garantir l’accès des patients en ambulatoire, aux spécialités hors AMM (autorisation de mise sur le marché ; NDLR) utilisées par la sédation profonde et continue ».
 
La HAS les a sans doute entendus puisqu’elle vient de publier ce lundi 10 février une recommandation de bonne pratique qui ouvre la voie à une plus grande accessibilité au midazolam. Elle définit les modalités d’utilisation des médicaments – y compris hors AMM – nécessaires pour accompagner les patients en fin de vie par une sédation. Et demande aux pouvoirs publics de « permettre la dispensation effective de ces médicaments aux médecins qui prennent en charge des patients en fin de vie à leur domicile ».
 
Dans sa recommandation, la HAS positionne les différents traitements médicamenteux les uns par rapport aux autres. Le midazolam injectable – qui dispose en France d’une AMM pour les anesthésies – est « le médicament de première intention pour la sédation profonde et continue maintenue jusqu’au décès ».
 
S’il s’avère non adapté à la situation ou au patient, viennent en seconde intention la chlorpromazine et la lévomépromazine (des antipsychotiques). Les posologies et modalités d’administration de ces médicaments sont détaillées « pour une utilisation en ville comme à l’hôpital », l’objectif étant de « guider les professionnels de santé en réponse à la demande des patients et de leurs familles de pouvoir choisir de mourir chez soi ».

Décision collégiale 

La HAS rappelle également que la mise en place d’une sédation profonde et continue maintenue jusqu’au décès doit impérativement reposer « sur une décision collégiale », quel que soit le lieu de prise en charge.
 
Par ailleurs, elle demande aux pouvoirs publics de permettre la dispensation en ville des médicaments cités dans sa recommandation qui constitue « un fondement sur lequel s’appuyer pour faire évoluer la réglementation des médicaments utilisés lors d’une sédation proportionnée ou profonde et continue maintenue jusqu’au décès ».
 
Quant au Dr Pierre Gabach, chef du service des bonnes pratiques professionnelles à la HAS, il a déclaré que la HAS recommandait « très clairement » que le médecin puisse avoir accès directement au midazolam, rapporte Libération. Et d’ajouter que c’était désormais « au ministère de la Santé de faire en sorte que désormais, réglementairement cela soit possible. » 

Enfin, le ministère de la Santé n’a pas tardé à réagir en saluant la recommandation de la HAS,  dans un communiqué daté du 10 février. En outre, Agnès Buzyn a annoncé qu’elle « permettra d’ici 4 mois la dispensation en ville du midazolam injectable aux médecins qui prennent en charge des patients en fin de vie à leur domicile ». Sa dispensation en ville permettra aux professionnels de santé « de répondre à la demande des patients et de leurs familles de pouvoir choisir de finir leurs jours à domicile », a précisé la ministre.

 

Le SML applaudit la recommandation de la HAS
Dans un communiqué daté du 10 février, le SML se fécilite que la HAS se soit prononcée en faveur d’une adaptation de la réglementation de la prescription, de la dispensation, et de la prise en charge par l’Assurance maladie des médicaments concernés. Car cela va « permettre aux médecins généralistes de mettre en œuvre à domicile sa recommandation de bonne pratique de la prise en charge médicamenteuse en situations palliatives jusqu’en fin de vie ». Le SML salue cette prise de position et demande à la ministre de la Santé « d’en tirer toutes les conséquences afin de permettre aux médecins libéraux, quelles que soient leurs spécialités, de pouvoir accompagner les patients dans le cadre des soins palliatifs à domicile ». Enfin, le SML estime que cette prise de position « plaide pour une relaxe dans l’affaire des deux confrères qui ont été mis en cause à Rouen », et réclame « l’abandon des poursuites ».

 

Portrait de Julien Moschetti

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