Médecin traitant, financiarisation, mutuelle publique : les 40 propositions de MG France aux candidats

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À l’approche de l’élection présidentielle, MG France publie 40 propositions pour réorganiser les soins primaires autour du médecin traitant. Le syndicat cible trois chantiers prioritaires : mieux identifier la médecine générale traitante, freiner la financiarisation des soins primaires et créer une complémentaire santé publique facultative.

Médecin traitant, financiarisation, mutuelle publique : les 40 propositions de MG France aux candidats

© Midjourney x What's up Doc

 

MG France veut peser dans la campagne présidentielle de 2027. Le syndicat de médecins généralistes a présenté mardi 40 propositions réparties en cinq axes : soutien à la médecine générale, indépendance du soin, organisation des soins primaires, prévention et santé planétaire. Trois d'entre elles sont qualifiées de « cardinales » et devraient, selon le syndicat, structurer une future politique de santé.

Mieux identifier le médecin traitant

Première priorité : distinguer plus précisément, dans la convention médicale, les généralistes qui assurent effectivement le suivi au long cours d'une patientèle. MG France part d'un constat : 100 000 médecins généralistes en activité mais « moins de 45 000 » exercent réellement comme médecins traitants

MG France propose donc une « identification conventionnelle » spécifique afin de mieux cibler les aides à l'installation et les rémunérations sur l'activité de suivi plutôt que sur le seul nombre d'actes. 

Le syndicat demande également de davantage rémunérer la complexité des consultations, notamment pour les patients multimorbides, âgés, précaires ou souffrant de troubles psychiques.

Un « plan d'assainissement » contre la financiarisation

Deuxième chantier : MG France réclame un « plan d'assainissement pour l'indépendance des soins primaires » de la financiarisation, phénomène en progression et décrit comme insuffisamment régulé.

Le syndicat propose notamment d'interdire aux non-professionnels de santé de détenir des structures de médecine générale et de premier recours, de rendre transparente l'identité des bénéficiaires effectifs des sociétés d'exercice libéral (SEL) et d'interdire les rémunérations des médecins salariés indexées sur des objectifs de volume d'actes.

MG France cible également les plateformes commerciales de téléconsultation et les chaînes de centres de soins non programmés. Le syndicat propose de soumettre l’ouverture des centres de soins primaires à un agrément territorial délivré par l’ARS et d’imposer un audit financier au-delà d'un nombre de centres détenus par un même opérateur.

Une complémentaire publique pour concurrencer les mutuelles

Troisième proposition « cardinale » : créer une offre publique d'assurance complémentaire santé, facultative et gérée par l'Assurance Maladie. Sans sélection selon le risque, elle coexisterait avec les mutuelles, assureurs et institutions de prévoyance existants et servirait, selon MG France, de « point de comparaison lisible avec des tarifs publics ».

Le syndicat met notamment en avant le coût de gestion du système de santé : 16,9 milliards d’euros en 2024, selon la Drees. Plus de la moitié de cette somme (52 %) est imputable aux organismes complémentaires, contre 41 % aux régimes de Sécurité sociale.

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Élargissement des compétences et encadrement de l’IA

Au-delà de ces trois mesures, le catalogue est particulièrement large : accès facilité aux assistants médicaux; élargissement des compétences cliniques des généralistes; levée de certaines restrictions de prescription; dispensation de médicaments au cabinet; remboursement des diététiciens; réforme de Mon soutien psy; activité physique adaptée ou encore fiscalité accrue sur l'alcool, le tabac et les produits ultratransformés.

L'intelligence artificielle occupe également une place importante pour le syndicat qui formule six propositions consacrées notamment à la certification des outils d'aide à la décision, à la responsabilité en cas d'erreur, à la formation des médecins et à l'encadrement des chatbots grand public. 

Enfin, MG France veut faire du cabinet médical un lieu de repérage des expositions environnementales susceptibles d'impacter la santé, et intégrer les soins primaires aux dispositifs de préparation aux crises sanitaires et climatiques.

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Le syndicat souhaite inscrire l'ensemble dans une loi de programmation en santé sur cinq ans et indique mettre ses propositions à disposition des équipes des candidats à la présidentielle.

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