Mal-être : les étudiants infirmiers à bout

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Ce lundi, la Fédération Nationale des Étudiants en Soins Infirmiers (FNESI) dévoile son enquête sur la santé, la situation financière ou le vécu des infirmiers en formation. Parmi les résultats les plus inquiétants, on apprend que près de 34 % d’entre eux déclarent faire des crises d’angoisses.

Avant l’été, l’ISNI et les structures représentatives des étudiants en médecine (ANEMF, ISNAR-IMG, ISNCCA) présentaient les résultats de leur enquête « Santé mentale Jeunes médecins ». Et les indicateurs affichaient rouge : près de 25 % des étudiants et internes en médecine ont des idées suicidaires. Et plus de 66 % souffrent d’anxiété ! 

33,9 % ont déjà souffert de crises d’angoisses

Mais ils ne sont pas les seuls dans ce cas. La Fédération Nationale des Étudiants en Soins Infirmiers (FNESI) a elle aussi mené une consultation auprès des 90 000 concernés. 14 055 questionnaires ont été récoltés, soit plus de 15 % des étudiants en soins infirmiers (ESI). Parmi les éléments étudiés : la santé psychologique. 52,5% d’entre eux déclarent que celle-ci s’est dégradée depuis leur entrée en formation.

Pire, les troubles mentaux sont aussi au rendez-vous : 33,9 % des interrogés reconnaissent ainsi avoir déjà souffert de crises d’angoisses, 19 % de dépression et 7,4 % de pensées suicidaires. Ces chiffres des ESI rappellent ceux des carabins. « Ce sont des problèmes qui concernent tous les professionnels de santé », explique Antoine Jourdan, vice-président de la FNESI en charge de l’innovation sociale.

La faute au système

« Il y a un processus global. Le système de santé dans son ensemble est à bout (…) et cela se répercute sur les jeunes médecins et les paramédicaux » affirme-t-il. Tout en précisant qu'il y a toutefois quelques spécificités inhérentes à la profession d’infirmier « basée sur des valeurs humanistes, de bienveillance, du ‘prendre soin’, que le système actuel met à mal ». Selon Antoine Jourdan, les nouveaux venus sont souvent déçus par un exercice qui ne correspond pas à ces valeurs. « On entend : ‘j’adore ce métier mais ce qu’on en a fait ne me convient pas’ ». 

En réaction, la FNESI demande la création d’un observatoire du bien-être des étudiants en santé pour permettre à terme « l'évolution des pratiques d'encadrement et possiblement de l’organisation des services de santé ». Agnès Buzyn, qui a fixé comme l’une de ses priorités la nécessité d’accroître la qualité des soins, sera-t-elle sensible aux conclusions de ce rapport accablant ? À suivre... 

Source: 

Thomas Moysan

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