Maîtrise de stage : les enseignants généralistes exclus du groupe de travail 

Alors qu’un décret est en préparation pour étendre le dispositif de maîtrise de stage à d’autres spécialités médicales, le ministère n’a pas convié le syndicat des enseignants de médecine générale à la table des discussions. Pour mieux éviter deux sujets brûlants ? Les retards de paiement chroniques des MSU et l’absence de revalorisation de leur rémunération depuis 1997.

« Il y a une volonté délibérée du ministère de la Santé de tenir le SNEMG à l’écart des discussions sur le déploiement de la maîtrise de stage. Nous n’avons pas été invités à participer au groupe de travail annoncé depuis juillet 2019 et qui a commencé à se réunir en décembre dernier », dénonce le Dr Anas Taha, président du SNEMG. Malgré l’insistance des représentants du syndicat national des enseignants de médecine générale pour participer à ces réunions qui les concernent de très près, aucune réponse du ministère ne leur est parvenue. Ont notamment été conviés plusieurs syndicats représentants les internes, l’Anemf, le CNGE, MG-France, la CSMF, le SML. L’ordre du jour est le suivant : dynamiser la maîtrise de stage et permettre son déploiement à d’autres spécialités médicales, dont certaines exercent en contexte ambulatoire. Mais pour le moment, rien sur la galère des MSU pour être payés par leurs universités, ni sur la revalorisation de leur rémunération, pourtant urgente. Le ministère espère-t-il susciter ainsi de nouvelles vocations de maîtres de stage parmi les médecins spécialistes ?
 

Les retards de paiement continuent…

« Je reçois chaque semaine des alertes de maîtres de stage qui ne sont pas rémunérés par leur université. On a beaucoup augmenté le nombre de MSU ces dernières années (10 700 aujourd’hui) - et nous nous en réjouissons - mais les moyens administratifs n’ont pas suivi. Ces retards de paiement concernent d’ailleurs plus généralement bon nombre de vacataires de l’enseignement supérieur », explique le Dr Taha. Le président de MG France, le Dr Jacques Battistoni, se dit « très surpris que le SNEMG n’ait pas été invité à participer » et dénonce la « négligence » dans le traitement administratif des rémunérations des MSU, les qualifiant même de « maltraitance ».
Depuis que les MSU ont la possibilité d’être rémunérés en salaire et non plus seulement en honoraires - réforme réclamée de longue date et obtenue en 2019 - la situation s’est complexifiée. « Certains MSU n’ont pas été correctement informés de cette possibilité par leur faculté et sont restés en honoraires. Du coup, au sein d’une même fac coexistent des MSU rémunérés en honoraires et d’autres salariés, ce qui complique encore les choses », souligne le Dr Taha.
 

Revaloriser l’indemnisation

Actuellement, un MSU qui exerce sa fonction à temps plein perçoit une rémunération équivalente à 600€ brut mois pour l’accueil d’un interne et 300€ brut par mois pour l’accueil d’un étudiant de 2e cycle.
Le SNEMG réclame une augmentation de 30%, qui porterait cette rémunération à 900€/mois, ce qui correspondrait simplement à un rattrapage de l’inflation. « La rémunération de la maîtrise de stage n’a cessé de diminuer depuis sa création en 1997. Ce rattrapage permettrait d’indemniser la maîtrise de stage à hauteur de 25€ par demi-journée d’encadrement des étudiants », indique le communiqué commun SNEMG-MG-France en date du 14 janvier. 25€ par demi-journée pour accueillir et former un étudiant à sa future pratique médicale… est-ce trop demander ?  « La grogne grossit parmi les maîtres de stage. De plus en plus de voix s’élèvent et nous envisageons des actions si nous ne sommes pas entendus », indique le Dr Taha. Selon le président de MG-France, une grève n’est pas exclue.

 

 

Portrait de Sophie Cousin

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