Libéraux : une ministre aux petits soins

Câlinothérapie à #LaBauleURPSML

Pendant trois jours, les acteurs de la médecine libérale étaient réunis à La Baule (Loire-Atlantique) pour les rencontres annuelles de la Conférence Nationale des Unions Régionales des Professionnels de Santé - Médecins Libéraux (URPS-ML). Agnès Buzyn a revêtu pour l’occasion sa blouse de câlinothérapeute.

« Je ne supporte plus l’opposition public/privé », a déclaré la ministre des Solidarités et de la Santé Agnès Buzyn, en clôture des rencontres URPS-ML de La Baule ce vendredi. Cette année, les participants réfléchissaient à « la médecine libérale au sein du nouveau système de santé. » L’occasion pour la ministre d’évoquer sa stratégie nationale de santé (SNS) ainsi que son « plan pour un égal accès aux soins dans les territoires ».

« Je saurais vous écouter et vous soutenir »

Prévention, accès aux soins et innovation : ce sont les 3 axes de sa SNS, dans laquelle les médecins ont « un rôle fondamental à jouer ». Dans son discours, les libéraux ont été brossés dans le sens du poil. Agnès Buzyn parle d’un « État stratège, mais pas grand ordonnateur », et souhaite une concertation avec les médecins pour discuter des résultats du rapport de l’Inspection générale des Affaires sociales (IGAS) sur le Tiers payant à venir.

« Je suis prête à financer tout ce que vous voulez si ça répond à un objectif, un besoin pour la santé, quelque soit l’opérateur », assume la ministre, qui veut s’appuyer sur « les capacités (des médecins) à entreprendre et à créer. » Agnès Buzyn, dont certains projetaient à travers les lignes de son CV d’ex-PU-PH une sensibilité accrue aux problématiques de l’Hôpital public, se devait de « renouer un pacte de confiance » en rassurant les libéraux : « Vous pouvez donc être confiants dans l’avenir de la médecine libérale. Car si j’attends beaucoup de vous, je saurais en contrepartie vous écouter et vous soutenir. »

Un amour qui se mérite

La ministre de la Santé a souligné l’importance du partenariat public/privé qui devra, selon elle, être renforcé. La mise en place de son plan « ne pourra se faire sans coopération avec les acteurs du monde hospitalier public et privé, qui font face aux mêmes défis, et qui ont besoin de soins de ville forts et organisés », a-t-elle expliqué devant les 200 participants des rencontres de La Baule.

Plus tôt dans la journée, Cécile Courrèges - Directrice générale de l’Offre de Soins (DGOS), se félicitait des partenariats établis entre les Agences Régionales de Santé (ARS) et les Unions Régionales des Professionnels de Santé (URPS), mais expliquait avoir constaté une hétérogénéité entre les régions. Le message est clair : les libéraux, s’ils veulent voir s’améliorer leur propre situation, doivent eux aussi faire des efforts pour porter la modernisation du système de santé français : « Pas une seule de nos politiques peut être couronnée de succès sans votre concours » a-t-elle ajouté. Gagnant-gagnant, donc.

À nos actes manqués

Seule ombre au tableau, l’annonce de la non-revalorisation de l’acte, qui « ne doit plus être la priorité », d'après Agnès Buzyn. La ministre souhaite plutôt « faire évoluer la rémunération en y introduisant des notions de qualité et de pertinence des soins ». Enfin, le directeur général de la CNAM Nicolas Revel qui s'est exprimé jeudi avait par anticipation relayé la parole de la ministre, en expliquant qu’il s’agissait de « tester des nouveaux modes de financement. »

La Confédération des Syndicats Médicaux de France (CSMF) n’a pas manqué de réagir aux propos de Nicolas Revel. Son président le Dr Jean-Paul Ortiz estime que les médecins libéraux « sont prêts à s'engager dans la culture de la qualité et de la pertinence des soins (…)  mais nous devons trouver un intérêt à agir de la sorte ». Le système gagnant-gagnant saupoudré de calinothérapie proposé par Agnès Buzyn a-t-il rassuré la CSMF ? Affaire à suivre !

Source: 

Thomas Moysan

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