Levée de boucliers des professionnels de santé et des patients face au projet de la carte Vitale biométrique

Le vote par la majorité sénatoriale de droite en faveur d'une carte Vitale biométrique pour lutter contre la fraude sociale suscitait avant-hier de fortes réserves chez les professionnels de santé et les représentants des patients.

"C'est de l'affichage politique", a commenté auprès de l'AFP Agnès Giannotti, présidente de MG France, premier syndicat de médecins généralistes. "La fraude sociale est souvent mise au premier plan alors que l'essentiel du problème n'est pas là, il est dans le ciblage de la pertinence des dépenses de santé".

"Cela revient toujours à penser que ce sont les pauvres qui font le trou dans les dépenses alors que les grosses dépenses ne sont pas là", a ajouté le Dr Giannotti. "Cela va embêter tout le monde avec un gain totalement marginal par rapport aux dépenses de santé".

"Le Sénat gaspille 20 millions pour une mesure inutile et passéiste qui peut faire perdre du temps médical", a renchéri sur Twitter Philippe Besset, président de la Fédération des pharmaciens d'officine (FSPF).

Pour Arthur Dauphin, chargé de mission numérique en santé au sein de France Assos Santé, principale fédération de patients, cette mesure "est un serpent de mer et une disposition sensationnaliste qui nous paraît en décalage avec tous les efforts réalisés depuis le Ségur de la santé, de manière concertée avec pouvoirs publics, professionnels et patients, pour sécuriser les prises en charge et faire bouger notre modèle, lui faire digérer le numérique".

La majorité présidentielle avait rejeté fin 2020 une proposition de loi des sénateurs LR sur le même sujet

Le Sénat à majorité de droite a voté dans la nuit de mardi à mercredi, dans le cadre du projet de budget rectificatif pour 2022, 20 millions d'euros de crédits pour lancer la mise en place d'une carte Vitale biométrique.

La majorité présidentielle avait rejeté fin 2020 une proposition de loi des sénateurs LR sur le même sujet, notamment au nom de la "protection de la vie privée et des données personnelles".

Le ministre de la Santé, François Braun, avait proposé en juillet la mise en place d'une "mission parlementaire" sur cette carte Vitale biométrique, réclamée de longue date par la droite et l'extrême droite.

Avec AFP

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