Les médecins libéraux délaissent la permanence des soins

Baisse du volontariat, baisse de la participation à la régulation médicale : les médecins libéraux installés en ont ras la caquette de la permanence des soins ambulatoire (PDSA). 

Comme chaque année, le Conseil national de l’Ordre des médecins (Cnom) publie son rapport sur la permanence. Et plus ça va, moins ça va. Cette année, le Cnom enregistre encore une fois une baisse de la participation des médecins. Le taux de volontariat national en 2019 s’élevait à 38,1% soit une baisse de 0,5 point par rapport à 2018. « On dénombrait ainsi 24 258 médecins volontaires pour 63 551 médecins susceptibles de participer à la PDSA », constate le Cnom. Si la moyenne se situe dans les 38%, le Cnom constate une grande hétérogénité des situations : un minimum de 5% à Paris, et un maxium de 82% dans les Vosges.

Pour le Cnom, cette baisse du volontariat n’est pas seulement due à un désengagement des médecins libéraux, mais aussi à des facteurs conjoncturels comme la démographie médicale, ainsi qu’à des facteurs tenant à l’organisation de la PDSA. «  la tendance à la réduction du nombre de territoires de garde peut conduire à une baisse de la mobilisation des médecins libéraux », établit le Cnom. Comme pour dédouaner les médecins, l’Ordre pointe aussi le fait que la baisse du volontariat n’est pas non plus la marque d’une désorganisation de la PDSA.

Réquisitions en Charente

Le fonctionnement de la PDSA « peut être très satisfaisant au sein d’un territoire où le taux de participation est faible et inversement. C’est notamment le cas des départements englobant de grands centres urbains, à l’instar de Paris, où la « professionnalisation » de la PDSA par la présence d’associations de type SOS Médecins conduit à un taux de participation relativement faible sans pour autant que les tableaux de garde peinent à être complétés ». En revanche dans des territoires comme la Charente ou l’Eure-et-Loire, où le volontariat est de 70%, l’organisation de la PDSA est fragile, et des réquisitions préfectorales sont organisées de manière récurrente. 

Quoi qu’il en soit, la situation n’est pas non plus brillante : en 2019, 35% des territoires de la PDSA étaient couverts par moins de 10 médecins, et 17% par moins de 5 médecins volontaires, « soit une baisse de 2% en un an ». 
Pour ce qui est de la régulation médicale, la participation des médecins libéraux enregistre une baisse plus importante, soit - 3,8%. « Selon les CDOM, 2.524 médecins libéraux installés participaient à la régulation médicale en 201912, soit une baisse de 3,8% par rapport au nombre de médecins recensés en 2018 ». Mais, en englobant les médecins retraités, salariés et remplaçants participants, le nombre de médecins participant à la régulation médicale est en hausse de + 0,6%. 

Les médecins particpant à la PDS sont majoritairement des hommes, à 69% pour les régulateurs, et 59% pour les effecteurs. Mais le nombre de femmes est en hausse, de 1% pour la régulation, et 2% pour l’effection. L’âge moyen a tendance à baisser passant de 47,4 ans à 47 ans entre 2018 et 2019. 

 

Portrait de Jean-Bernard Gervais

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