Vendredi dernier, les internes en hépato-gastroentérologie ont manifesté à Paris. En cause : la durée du DES maintenu à quatre ans, pas suffisant à leur goût. Une menace pèserait sur la qualité de leur enseignement.
Décidément, la réforme du troisième cycle a du mal à passer. Comme les anesthésistes-réanimateurs et les enseignants généralistes, les hépato-gastroentérologues ont battu le pavé. Ils étaient plus de 300 internes à manifester, vendredi dernier, face au ministère de la Santé pour réclamer un allongement de la durée de leur DES. Selon eux, la qualité de leur internat est menacée par les dispositions de la nouvelle maquette.
« Nous souhaitons, qu’avec la réforme, la durée du DES passe de quatre à cinq ans pour les internes de la spécialité », affirme Antoine Debourdeau, secrétaire de l’Association Française des internes d’hépato-gastro-entérologie (AFIHGE). « Nous craignons que in fine les praticiens se forment sur le tas et terminent leur formation sans être capable de réaliser une coloscopie de dépistage de qualité. »
Les options ? Ils n’en veulent pas !
Autre problème pour les internes : « certains DU deviendront des options comme la proctologie et l’endoscopie », remarque Antoine Debourdeau. Et c’est ici que le bât blesse. « Nous voulons la suppression des options car elles ne sont pas cumulables », explique-t-il. Avec la nouvelle réforme, le secrétaire dénonce l’impossibilité d’effectuer à la fois une spécialisation en proctologie et une en endoscopie par exemple.
« À terme, tout le monde va vouloir faire de l’endoscopie car c’est comme ça que l’on gagne notre vie en tant que libéral », prédit Antoine Debourdeau. « Nous craignons que la proctologie et la cancérologie ne soient délaissées par les internes. » La AFIHGE regrette également la création d’une formation spécialisée transversale (FST) d’endoscopie chirurgicale uniquement accessible aux chirurgiens viscéraux. « Nous aimerions que les territoires de chacun soient respectés entre les chirurgiens et les gastroentérologues et qu’il n’y ait pas de transfert de compétence de gastroentérologie vers la chirurgie digestive. »

Une campagne facebook a été lancée en guise de soutien.
Loin d’être seuls, les internes en hépatos ont pu compter sur le soutien de leurs aînés. « Les PU ont réalisé une campagne photos et le syndicat national des hépato gastroentérologues séniors (synmad) a déposé un préavis de grève avec nous », note Antoine Debourdeau. Par ailleurs, « Les néphrologues et les cardiologues demandent aussi un DES à cinq ans », ajoute-t-il.
Malgré ce concert de critiques, le ministère resterait de marbre. « Nous avons été reçu par le sous-directeur de la DGOS vendredi mais nous n’avons eu aucune promesse », raconte l’interne.
Source:
Im`ene Hamchiche
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