Les centres de soins en ophtalmologie, de nouvelles pompes à fric ?

L'assurance maladie s'inquiéte dans son dernier rapport charges et produits de l'augmentation de la facturation en ophtalmologie et pointe du doigt certaines pratiques usitées par les centres de soins en ophtalmologie. Le syndicat national des ophtalmologistes est révulsé par ces méthodes...

L’assurance maladie avait tiré la sonnette d’alarme dans son dernier rapport Charges et produits  publié au début du mois de juillet. Elle attirait l’attention sur les pratiques atypiques de certains centres de santé spécialisés en opthalmologie. Depuis 2018 en effet, des centres de soins ophtalmologiques peuvent être créés. « Si le développement de ces centres est positif puisqu’il permet à un plus grand nombre de patients d’être pris en charge, l’analyse de certaines de leurs pratiques tarifaires pose question », analyse l’assurance maladie. En effet, l’étude détaillée de leur facturation fait apparaitre des anomalies de taille.  Ainsi, quand un centre de soins facture en moyenne 82 euros de soins à un patient, un cabinet libéral ne facture que 58 euros.
Une quinzaine de ces centres facturait aussi des soins sur plusieurs jours, alors que, dans un cabinet libéral, seuls 0,5% des patientèles étaient concernées par des soins sur deux jours consécutifs. 25% de ces centres facturaient des soins orthoptiques à plus d’un rendez-vous sur deux, quand les cabinets libéraux « facturaient des soins orthoptiques à 15% des rendez-vous pris avec leur patientèle ».
 

Le Snof se félicite de cette enquête

Bref, l’assurance maladie avait tout lieu de penser qu’il y avait là entourloupe. Le syndicat national des ophtalmologistes de France (Snof) s’est réjoui de cette enquête de la sécu. « Le SNOF se félicite de cette enquête qui permet de faire toute la lumière sur les hausses de dépenses qui avaient conduit la CNAM à imposer des baisses de cotations pour tous les ophtalmologistes », annonce-t-il dans un communiqué de presse. Pour Thierry Bour, président du Snof, « ces résultats mettent en lumière un phénomène latent et ignoré jusqu’alors des payeurs, à savoir une dérive tarifaire importante au sein de nouveaux centres de santé ophtalmologiques, portant préjudice à toute la spécialité ». Le Snof, d’après son communiqué, alertait depuis longtemps. Il rappelle que « c’est à l’ophtalmologiste de déterminer les actes nécessaires et de les coter, et à personne d’autre, en veillant au respect de la nomenclature et des associations permises. Les actes doivent être justifiés médicalement en fonction du motif de consultation et des éléments médicaux constatés ». Le syndicat des ophtalmologistes de France exhorte les centres de soins ophtalmologiques à « retrouver rapidement des pratiques éthiques, responsables et pertinentes, ou à défaut de fermer ». Le Snof encourage également la Cnam à récupérer les sommes indues. Ambiance…

 

 

 

Portrait de Jean-Bernard Gervais

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