La e-santé, les Français prêts à faire le virage numérique

Selon une étude OpinionWay, la grande majorité des Français attendraient de pied ferme le développement de l’espace numérique de santé. Un enthousiasme qui répondrait d’un « besoin », selon le Président de l’association de patients France Assos Santé.
 

En tout, 8 Français sur 10 seraient favorables à l’espace numérique de santé (ENS). C’est le constat réalisé par le sondage Opinion Way*, présenté par la délégation ministérielle au numérique en santé (DNS) à l’occasion des Assises citoyennes du numérique en santé qui avaient lieu le 19 novembre dernier. « Si des craintes demeurent, l’envie prime », atteste Gérard Raymond, Président de l’association de patients France Assos Santé.
 
Concrètement, il s’agit de quoi ? Cet outil, disponible dès 2022, devrait permettre au patient d’accéder en un clic à ses données administratives, à son fameux dossier médical partagé (DMP), à ses constantes de santé récoltées par ses objets connectés, ses informations de remboursement ou encore lui permettre de dialoguer facilement avec des professionnels de santé – principalement médecins.
 
Un virage, alliant numérique et simplification, très attendu par les patients. « La majorité des Français s’accorde à dire que l’ENS va faciliter le partage des données de santé avec les professionnels de santé et apporter une meilleure collaboration entre les professionnels de santé eux-mêmes », souligne l’enquête OpinionWay. Ainsi, 85 % ont confirmé leur intention de se servir de la messagerie sécurisée pour échanger avec leurs médecins et 78 %, d’utiliser le dossier médical partagé. Une attente manifeste qui s’accorde avec les observations de Gérard Raymond : « Il y a une véritable volonté qu’on passe à ce système-là. Pour les usagers réguliers notamment – comme les malades chroniques, ces nouvelles technologies leur apportent une simplification, une facilitation, une meilleure compréhension de leur état de santé, de leur adhésion et de leur participation ».
 
Un entrain pourtant conditionné à certaines exigences de sécurité des données. « Certaines craintes subsistent à l’utilisation des données par des personnes malveillantes », atteste Gérard Raymond, qui soutient, pour autant, que les besoins vont, à terme, l’emporter. « C’est à nous, associations, de porter et de peser les garanties de l’amélioration du système », assure le Président. Les autres points qui pourraient freiner l’adhésion des Français à ce système, selon le sondage, sont l’exclusion des patients non habitués ou sans accès aux technologies et « le risque de déshumanisation de la relation médecin-patient au travers de l’ENS ». Plusieurs « garde-fous » sont également souhaités par la grande majorité de la population. Parmi les pistes évoquées, les patients souhaitent pouvoir choisir les personnes qui auront accès à leurs données à l’aide, notamment, d’un code d’accès temporaire. Ils souhaitent également avoir la possibilité de clôturer leur espace.  
 
Pour le Président de France Assos Santé, il n’y a pas de doute : le bon développement de l’ESN doit se faire dans la confiance. Une confiance conditionnée à « la transparence » de la délégation ministérielle au numérique en santé (DNS), la « participation » de tous les acteurs – patients comme professionnels de santé. Un climat apaisé qui semble d’ailleurs être à l’ordre du jour dans les relations qui relient la DNS et l’association de patients. « Même si on reste vigilant sur les textes législatifs », ajoute-t-il.
 
Un enthousiasme certain qui pourrait cependant ne pas être partagé par la communauté médicale. « On les sent un peu plus réticents », indique le Président.
 
*Le questionnaire s’est tenu en ligne du 17 au 30 juillet 2020. 2 100 personnes représentatives de la population française métropolitaine âgée de 18 et plus ont été sollicitées.
 

Portrait de Julia Neuville

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