Jean-baptiste Bonnet prend les rênes de l'ISNI

Élu ce week-end à Montpellier

Lors de l’université de rentrée de l’ISNI le week-end dernier, l’InterSyndicale nationale des internes a élu son nouveau bureau. Pour remplacer Olivier Le Pennetier : Jean-baptiste Bonnet, interne en cinquième année d’endocrinologie à Montpellier.

Ça y est, vous avez été élu président de l’ISNI : vous vous sentez bien ? Vous avez une bonne tension ?

Une bonne tension, mais je suis un peu fatigué ! Ça arrive après une bonne semaine d’organisation de l’université de rentrée à Montpellier. Mais la motivation est là, surtout avec les personnes avec lesquelles je vais travailler cette année. On a des gens de qualité à tous les pôles qu’on voulait mettre en place : c’est très engageant pour la suite ! Je pense notamment aux risques psychosociaux, aux droits de la femme, aux politiques de santé ou à l’enseignement supérieur et la recherche. Ils sont tenus par des gens performants, avec qui on peut discuter.

Un peu d’appréhension ?

Oui, un peu d’appréhension parce que c’est quand même un poste stratégique, politique. L’ISNI ce n’est pas rien dans l’inconscient collectif : on peut faire du dégât pour les internes, on peut ne rien faire aussi si on se met dans une situation où tout le monde se braque. Par contre, on peut aussi accomplir des choses et je crois qu’en ce moment on en a besoin.

Interne à Montpellier, ministères à Paris, vous avez la carte Grand Voyageur ?

Pour l’instant j’ai la carte 12-27 qui termine au 31 décembre ! Après effectivement il faut avoir un logement à Paris pour diminuer les coûts et assumer que plus de 50 % du temps se fait à Paris, ça c’est sûr. Mais je ne pense pas que l’ISNI doit être uniquement représentée par des Parisiens, c’est le principe de la territorialité. C’est une conviction importante : moi je reste convaincu que loin des yeux, loin du coeur, il faut quand même savoir se ménager vis-à-vis de son environnement professionnel. Je voulais aussi conserver un minimum de contact avec mes patients et mes co-internes. 

Vous reprenez les rênes de l’ISNI après Olivier Le Pennetier, qui a lancé de nombreux chantiers (santé mentale, sexisme…). Comment allez-vous vous démarquez ?

C’est le moins qu’on puisse dire oui ! Mais je ne suis pas là pour montrer que je suis meilleur que lui ou pour montrer qui a la plus grosse… Le but, c’est d’avancer et mettre les projets en application pour servir les internes. Olivier a fait un travail extraordinaire pour mettre en avant des problèmes, notamment sur les risques psychosociaux et l’enquête sur le sexisme : deux énormes boulets de canon qui ont été tirés cette année. Maintenant qu’on a le diagnostic, il faut agir. Sur la question du temps de travail et des plages additionnelles, on ne peut pas lui enlever le mérite d’avoir construit ce projet et on sera dans la continuité de ce qu’il a produit.

Sur la réforme du troisième cycle, Olivier a eu une marque de fabrique qui ne sera pas nécessairement la mienne. Maintenant, la réforme existe, on ne peut plus la faire capoter donc il faut s’arranger pour qu’elle serve au mieux les internes. Il y a une nouvelle ère qui va s’engager avec les institutions.

Un endocrinologue à la place d’un MG, ça va beaucoup changer les choses ?

Cela a été une force d’avoir des médecins généralistes à la tête de l’ISNI. Moi, avec ma casquette d’ancien administrateur venant de Montpellier, j’ai beaucoup milité pour que le syndicat des internes de médecine générale de Paris rentre au national, pas nécessairement pour détruire l’ISNAR-IMG (1) avec qui on arrive à discuter et avec qui on a des bonnes relations, mais plutôt parce que je veux que l’ISNI puisse parler de la médecine générale. Je veux qu’elle puisse la représenter. Moi je suis endocrinologue, mais l’idée, c’est d’arriver à représenter tout le monde.

Selon vous, quels sont les défis les plus importants qui vous attendent ?

Le premier défi, c’est la continuité du travail sur la réforme du troisième cycle et la mise en application. L’IGAS (2) va bientôt rendre son rapport, notamment sur les spécialités néphro, cardio, gastro : ce sera un moment important. Il y aura aussi les FST, les enseignements transversaux, la phase 3, les risques psychosociaux... Sur ce dernier chantier, l’idée est de faire émerger des projets de prévention primaire. Il y a des pistes, des gens qui sont là pour réfléchir. Après il y a les droits des femmes : on doit mettre en oeuvre nos propositions qui font suite à l’enquête sur le sexisme. Sur la politique de santé, il y a les sujets de négociation conventionnelle et de territorialité : on a déjà des idées, on les remettra au goût du jour ! 

(1) ISNAR-IMG : Intersyndicale nationale autonome représentative des internes de médecine générale. 

(2) IGAS : Inspection générale des Affaires sociales. 

Source: 

Thomas Moysan

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