Hôpital : Un projet pilote de salle de détente va ouvrir à Bourges

Cette infirmière diplômée d’État change de patients. Dès la fin de l’année, c’est des soignants dont Nora Viviani compte s’occuper en créant des salles de repos dans les hôpitaux.

C’est un projet qui lui tient à cœur. À la fin de l’année, Nora Viviani, une infirmière diplômée d’État du Centre Hospitalier Jacques Cœur de Bourges, verra sa première salle de repos 100 % pensée pour les soignants ouvrir ses portes. Un projet pilote qu’elle a voulu voir se réaliser dans l’Hôpital dont elle arpente les couloirs depuis huit ans.  « Il ne me manque plus que les clefs », s’enthousiasme-t-elle.
 
Après de nombreuses années passées à soigner des patients de l’Hôpital, c’est désormais des professionnels de santé dont elle souhaite s’occuper. Au programme ? De grandes salles de repos divisées en plusieurs espaces nichées au cœur des centres hospitaliers. « On pourra se restaurer pour réchauffer sa gamelle. Il y aura un endroit pour jouer avec un babyfoot. Un autre endroit plus cocooning où il sera possible de lire des livres ou d’écouter de la musique. Et encore un autre où des prestataires locaux extérieurs, comme des ergothérapeutes, des professeurs de yoga ou encore des coiffeurs, pourront intervenir », énumère la quadragénaire. Un espace de détente intégralement financé par le fonds de solidarité de consommateurs et de citoyens créé durant le premier confinement par l’entreprise de consommateurs « C’est qui le patron ?! » qui a décidé de soutenir le projet.
 
La première vague, la source de son idée

Une idée ambitieuse née du tumulte de la première vague du Covid-19. Renfort Covid volontaire au printemps, celle dont le bloc opératoire était alors à l’arrêt s’est investie tous les jours dans la lutte. « À ce moment-là, on s’est tous aidés les uns, les autres.  Il n’y avait plus de grades. Pas de médecin, pas d’infirmière, pas d’aide-soignant… », se souvient-elle. Une ambiance de solidarité douchée par le versement de la prime Covid délivrée à certains membres du personnel soignant. « À la fin du confinement, il y a eu cette prime de 1 500 euros qui n’était pas donnée à tout le monde. Ça a brisé l’élan de solidarité qui s’était créé dans les services », déplore-t-elle. Pour Nora Viviani, c’en est trop. Elle décide de quitter ses fonctions. « Prendre soin comme on prend soin maintenant, ce n’est pas possible pour moi, indique-t-elle. C’est aux antipodes de mes valeurs de soignante et je ne voulais pas abandonner mon idéal ».  De cette conviction naît pourtant une ambition : celle de prendre soin de ses collègues grâce à son « idée secrète ». « En voyant des reportages sur les grandes salles de repos dans les grandes entreprises, je me suis demandé pourquoi on n’avait pas ça dans les hôpitaux », livre-t-elle au grand jour désormais.  

Une rencontre déterminante 
 
Avant de jeter sa blouse blanche dans le bureau de sa direction, celle qui est passée par la finance avant de rejoindre le soin avait interpellé Guillaume Canet, qui parlait des soignants, sur les réseaux sociaux. « Je lui ai laissé un commentaire disant : « C’est cool de surfer sur la vague des soignants. Mais, est-ce que vous serez là pour nous soutenir en manifestation ? » Une pique réceptionnée par l’intéressé qui sera suivie d’actes. Lors d’une manifestation en juin à Paris, l’acteur de 47 ans se présente aux côtés de Nicolas Chabanne, créateur de la marque de consommateurs C’est qui le patron ?!. Une rencontre inattendue qui permettra à Nora Viviani de voir son « utopie » se réaliser. « Il m’a dit qu’il aimerait faire quelque chose pour les soignants. Je lui ai que ça tombait car moi aussi », se souvient-elle.  

 
Désormais, la Berruyère s’attèle à rédiger un cahier des charges qui lui permettra de reproduire son petit cocon de bien-être dans, espère-t-elle, « toutes les villes » de France. Prochain arrêt ? Le Grand Est. « Parce qu’ils ont particulièrement morflé pendant la première vague », justifie Nora Viviani. Et d’ajouter, catégorique : « En prenant soin des médecins, je suis intimement convaincue qu’on prend également soin des patients ».
 

Portrait de Julia Neuville

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