Gestion de l’épidémie au CHU de Bordeaux : à la barre en pleine tempête, Yann Bubien témoigne

Le CHU de Bordeaux a admis le premier patient Covid hospitalisé en France, en janvier 2020. Depuis un an et demi, l’établissement est plongé dans le tourbillon de la crise sanitaire. Invité du webinaire Invivox, Yann Bubien, le directeur général du CHU est revenu sur cette période hors norme.

Janvier 2020, un Bordelais revient de Wuhan et doit être hospitalisé. Il s’agit du premier cas français recensé sur le territoire. A partir de là, la machine s’emballe à Bordeaux. La crise est lancée.

« C’était la première phase, l’alerte. Phase dans laquelle nous vivons désormais depuis 16 mois. Ce patient a été admis dans une chambre très isolée, avec un sas, il s’agissait d’une maladie infectieuse inconnue, c’était très particulier. Il est resté 3 semaines au CHU de Bordeaux sous haute surveillance », se rappelle Yann Bubien.

La deuxième a été celle du premier confinement, du 17 mars au 11 mai. « A partir du mois de février, une cellule de crise le matin mise en place. On n’a jamais arrêté ces cellules de crises, même si la fréquence a pu s’alléger à certains moments ».

A Bordeaux, comme ailleurs, tout le monde doit s’adapter et se mobiliser, entre déprogrammations et accueil des patients en urgence et en nombre. « On a ouvert des lits, organisé des scénarios avec les réanimateurs pour anticiper, avec une montée en charge progressive en fonction de l’arrivée des patients ».

Un paradoxe pourtant, l’hôpital voit son activité globale chuter. « Avec le confinement, le service d’urgences adultes voit son activité diminuer de 60%. Le port du masque et les gestes barrières ont fait que beaucoup de maladies n’arrivent plus et les accidents de la vie de tous les jours ont diminué. En revanche, il a fallu faire face à davantage de problèmes psychologiques, de violences intrafamiliales… des sujets graves ». Le CHU a ensuite reçu les premiers transferts de patients d’autres régions très touchées, comme le Grand Est.

L’été a été une période de vigilance, de maintien des gestes barrières. Mais également un moment pour remédier aux déprogrammations et éviter le phénomène de perte de chance. Ce qui ne change pas, c’est un entrepôt de données qui donne les grandes tendances tous les matins : SAMU, urgences, tests PCR. Et ce rituel est encore à l’ordre du jour actuellement.

En septembre l’épidémie repart et avec elle la mobilisation. Puis en janvier, c’est l’arrivée de la vaccination, espoir tant attendu. « Aujourd’hui on voit que les indicateurs s’apaisent, les effets de la vaccination commencent à se faire sentir mais avec les variants on reste vigilant. Je veux prendre aujourd’hui le temps de remercier l’ensemble des professionnels, les soignants mais aussi services logistiques, administratifs, médico techniques du CHU. Et un chapeau particulier aux étudiants en santé, qui n’ont pas ménagé leurs efforts ».  

Portrait de Constance Maria

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