Gel hydro-alcoolique, guide des bonnes pratiques !

Rose, bleu, transparent… Il y en a pour tous les goûts. Problème, des fraudes sur l’efficacité de certains gels hydro-alcooliques ont été détectées par la DGCCRF. Alors comment aider vos patients à choisir le bon ?  
 

13 % des gels hydro-alcooliques vendus en France sont inefficaces. C’est le constat troublant qui ressort d’une enquête menée par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF). « Nous avons constaté que quelques produits prélevés ne contenaient pas suffisamment d’alcool », a expliqué le directeur Romain Roussel à France Info. Un bilan qui amène à se poser une question : comment conseiller efficacement nos patients dans le choix de leur gel hydro-alcoolique ? Le 20 octobre dernier, l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), en charge de leur évaluation, délivrait un guide des bonnes pratiques.

Solution ou gel : kif-kif !  
Solution et gel, même combat ! La texture de ces produits n’affecte aucunement la substance active contre le virus.  « Les gels contiennent des épaississants, ce qui les rend moins fluides que les solutions qui n’en contiennent pas. Cette différence n’affecte pas leur efficacité », souligne l’Anses. À noter tout de même qu’un gel conforme doit cependant s’évaporer rapidement et ne pas coller.

Biocide, une caractéristique obligatoire
« Les gels et solutions hydro-alcooliques utilisés pour la désinfection des mains saines sont des produits biocides », rappelle l’Anses. Une caractéristique qui se retrouve généralement sur l’étiquette ! Attention : les produits présentés comme « nettoyant » ne garantissent aucunement l’éradication des bactéries ou des virus.  « Ils sont soumis à la réglementation des produits cosmétiques et non celle des biocides, car ils n’ont pas d’effet désinfectant », ajoute l’institution. Un point d’attention à rappeler à vos patients.

Norme EN 14476, ma nouvelle amie
« L’efficacité des produits virucides est encadrée par la norme européenne EN 14476 », indique l’Anses. Un graal obtenu avant leur mise sur le marché. Pas de panique cependant si rien n’est écrit. Dans un avis publié le 8 juin dernier, l’Institution estimait « que les gels et solutions hydroalcooliques contenant au moins 60 % d’alcool sont efficaces contre les virus enveloppés, dont font partie les coronavirus ». Une condition à priori remplie lorsque la mention « solution hydro-alcoolique recommandée par l’OMS pour l’antisepsie des mains » ou « gel hydro-alcoolique pour l’antisepsie des mains – arrêté dérogatoire » est affichée. À noter qu’un produit conforme devra également préciser quelques informations supplémentaires, comme le nom de la solution, sa composition, le nom du fabricant, la date de fabrication ou encore le numéro de lot. Un ensemble de données normalement accompagné des conditions de conservation, d’utilisation et de mesures de précautions.

Une composition précise
En tout, trois types d’alcool sont à préconiser à vos patients : l’éthilyque, le propylique ou isopropylique. A noter que plus il y a d’ingrédients – comme des colorants, moins les gels seront efficaces selon l’Anses. « Les autres formulants de la composition peuvent avoir une influence sur l’efficacité des solutions hydroalcooliques désinfectantes et sur le temps de contact nécessaire pour obtenir l’effet recherché », indique l’institution. Les solutions de l’OMS, par exemple, se contentent de quatre ingrédients. À savoir l'alcool (éthanol 96 % ou isopropanol 99,8 %), de l’eau distillée ou eau bouillie refroidie, du peroxyde d’hydrogène 3 % ou encore du glycérol 98 %.

Gel hydro-alcoolique – Comment le conserver ?
« Une fois la bouteille de gel ou solution hydroalcoolique ouverte, l’alcool contenu dans le produit peut s’évaporer, rendant ainsi le produit moins efficace », indique l’Anses. Pour éviter de rendre obsolète la solution, quelques précautions sont à conseiller à votre patientèle. Il est ainsi nécessaire de « conserver le produit à l’abri de la chaleur et du soleil » et de l’ utiliser « assez rapidement après ouverture ». À noter qu’en cas de transvasement d’un contenant à un autre, ce dernier doit s’effectuer dans une pièce où la température n’excède pas 20°.

Lavage des mains ou virucide : que choisir ?  
« Une solution ou un gel hydro-alcoolique ne lave pas, elle ne fait que désinfecter », rappelle l’Anses. Une mission parfois compliquée par la présence de saletés qui peuvent dissimuler des bactéries ou des virus. « Il est donc recommandé de se laver les mains avec du savon et de l’eau plutôt que d’utiliser une solution ou un gel hydroalcoolique », souligne l’Anses. Une information pas toujours connue du grand public !

Sans oublier de rappeler une fois encore de lier ces bonnes pratiques à une friction soigneuse de 30 secondes sur des mains visuellement propres. Ce n’est pas encore un lavage chirurgical, mais on s'en rapproche ! 
 

 

Portrait de Julia Neuville

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