Études médicales : l’ISNI exige des résultats contre le sexisme

86 % des internes y sont confrontés

A l’occasion de la rentrée 2017, l’InterSyndicale Nationale des Internes (ISNI) a réalisé une grande enquête nationale (1) portant sur le sexisme dans les études médicales. Et sans grande surprise, les chiffres font froid dans le dos.

L’InterSyndicale a récolté près de 3 000 réponses d’internes. Le constat dévoile une fois de plus que ces agissements sont omniprésents durant la formation médicale : « notre travail a révélé 8,6 % d’harcèlement chez les répondants. Plus d’un tiers des internes ont été au moins une fois exposé à des attitudes sexuelles non désirées », écrit l'ISNI dans un communiqué.

Plus en détails, on apprend que presque la moitié des actes ont été commis par des médecins supérieurs hiérarchiques. De plus, 86 % des internes interrogés avouent avoir subi du sexisme au quotidien, dont la moitié n’est pas consciente de ces agissements. La banalisation, c'est sans doute le plus terrible dans ce bilan. Car ces actes se déroulent partout à l'hôpital : « Cela se passe (...) en particulier au bloc opératoire, lors de visites de service, mais aussi lors de cours à la faculté. Cette ambiance quotidienne tend à banaliser le sexisme », confirme en effet l’ISNI. Avec, en plus, une quasi-impunité dont bénéficient les auteurs des faits : à peine 0,15 % des victimes ont engagé des poursuites judiciaires.

Le « plafond de verre » des femmes médecins  

Enfin, cette étude met en évidence la difficulté d’accès aux postes à responsabilité pour les femmes : le fameux « plafond de verre » version hospitalière, selon l’InterSyndicale. 

Mais l’ISNI ne se contente pas de présenter une étude. L’heure des actions doit désormais voir le jour martèle le syndicat dans son dernier communiqué. Il indique pour cela travailler activement avec l’ensemble des acteurs du monde médical. Dix propositions vont même être annoncées lors de son Université de rentrée qui aura lieu samedi à la fac de médecine de Montpellier. 

Les tutelles attendues au tournant

L’objectif, on l’imagine, que la peur change de camp. Quitte à bousculer les institutions pour qu'elles réagissent « de façon rapide, concrète et efficace ». C'est clair, ces futurs médecins ne veulent plus attendre. Plus que des paroles, ils veulent des actes de la part de leurs tutelles. Un espoir d'autant plus grand que 3 femmes aux responsabilités sont connues pour épouser le combat contre le sexisme. 

« Nous interpellons Madame la ministre des Solidarités et de la Santé, Madame la ministre de l’Enseignement supérieur (...) ainsi que Madame la secrétaire d’Etat chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes à se saisir du sujet et demandons une rencontre », conclut l’ISNI. Agnès Buzyn, Frédérique Vidal et Marlène Schiappa sont prévenues.

(1) Retrouvez l'intégralité de l'enquête disponible sur le site de l'ISNI : http://urlz.fr/68LQ

Source: 

Bruno Martrette-Gomez

Portrait de La rédaction

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