Durée des études de chirurgie : 6 + 1 = au moins 7

#RencontreDu3eCycle : Les jeunes chirurgiens rassurés

La réforme du troisième cycle prévoyait de fixer la durée de l’internat de chirurgie à six ans. Les jeunes chirurgiens, qui jugent ce temps insuffisant pour une formation de qualité, ont protesté. Ils estiment avoir obtenu des garanties suffisantes sur le sujet.

 

L’espace d’un instant, on a cru à un désaccord. Voire à une guerre ouverte. Le casus belli ? Un arbitrage interministériel pris dans le cadre de la réforme du troisième cycle, qui proposait fin mai de fixer à six ans la durée de l’internat de chirurgie (au lieu de sept actuellement).

Guerre des communiqués

En réaction à cette nouvelle, l’Académie de chirurgie, les douze conseils nationaux et le Collège national des jeunes chirurgiens (CNJC) s’étaient insurgés dans une lettre commune (qui a disparu du web depuis) contre la perte d’une année de mise en responsabilité en fin de formation.

Les organisations de jeunes qui soutiennent la réforme (Anemf, Isni et Isncca) avaient vertement répondu dans un autre communiqué. « Le sabordage ne passera pas », titraient-ils. Mais en quelques jours, le soufflé s’est dégonflé, et tout le monde semblait être tombé d’accord.

Arithmétique complexe

« Nous avons globalement le même point de vue », nous a indiqué Marc-Olivier Gauci, président du CNJC, quand nous lui avons proposé un débat contradictoire avec le président de l’Isni. Il faut dire qu’entretemps, au terme d’une arithmétique complexe, les jeunes chirurgiens ont obtenu l’assurance qu’ils auront six années d’études… plus une. Voire davantage si affinités.

« Notre lettre insistait sur le fait qu’il fallait deux années de mise en responsabilité à la fin du DES, alors que le texte proposé n’en prévoyait qu’une sans offrir d’assurance de pouvoir en effectuer une seconde », explique Marc-Olivier Gauci.

Or, ces deux années sont essentielles aux yeux des chirurgiens. « Avant de terminer sa formation, un chirurgien doit avoir rencontré en autonomie supervisée un nombre minimum de situation dans lesquelles il est mis en danger », explique le jeune praticien. Et ce nombre minimum ne peut d’après lui pas être atteint en une seule année.

Deux années garanties sur facture

Mais depuis, le président du CNJC assure avoir obtenu des garanties sur ce sujet. Il explique tout d’abord que dans le cadre de la réforme, la cinquième et la sixième année seront des années de mise en responsabilité (et pas uniquement la sixième comme initialement prévu par l’arbitrage interministériel). « Nous avons l’assurance que ces deux années ne seront pas des années de super-internat, mais de véritables années d’assistant spécialiste en autonomie supervisée », insiste Marc-Olivier Gauci.

Voilà donc pour le DES en six ans. Quant à la septième année, les autorités promettent que tous les chirurgiens auront la possibilité de poursuivre des post-DES. « Actuellement, nous n’avons pas de visibilité : deux mois avant la prise de fonction, on peut nous dire "tu seras chef de clinique ici ou là" », explique Marc-Olivier. « Mais nous avons obtenu des garanties sur la disponibilité des postes, ce qui permet de verrouiller une année d’assistanat supplémentaire, voire davantage, à la fin du DES ».

Alors, partie gagnée pour les jeunes chirurgiens ? Pas encore tout à fait. « Pour l’instant, rien n’est écrit, on est en fin de négociation », précise Marc-Olivier. « Et nous ne lâcherons rien ! »

Source: 

Adrien Renaud

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