Déserts médicaux : les MG pressent Agnès Buzyn d'agir

Ca va secouer au Colloque sur les soins primaires

A quelques jours de l’annonce d’un plan d’envergure sur les déserts médicaux promis par Agnès Buzin, retour sur deux mesures souvent invoquées comme levier : le développement de l'offre de stage en ambulatoire et les postes de médecins adjoints dans les zones en tension.

Elles figuraient dans la feuille de route initiale de la ministre de la Santé : le développement des stages en ambulatoire et les postes d’adjoints dans les territoires sous-dotés. Ces deux mesures incitatives en faveur du développement de l'offre de soins primaires dans les déserts médicaux figurent également dans le rapport d’information de la Mission d'évaluation et de contrôle des lois de financement de la sécurité sociale (Mecss) paru le 3 août dernier.

Les sénateurs Jean-Noël Cardoux et Yves Daudigny, ses auteurs, y estiment que la formation initiale étant « un moment décisif pour créer l’ancrage géographique des praticiens, il faut notamment renforcer la place des stages ambulatoires en soins primaires en autonomie supervisée (SASPAS) et généraliser le stage ambulatoire de médecine générale au cours de l’externat et en allonger la durée pour permettre par exemple aux étudiants de découvrir plusieurs lieux de stage ». 

Et pour cela bien évidemment recruter plus de maîtres de stages en zones sous-dotées en revalorisant l’indemnité de compensation (actuellement de 600 € bruts/ mois de stage). « De bonnes intentions, mais il faut passer à l’acte », répond Claude Leicher, président de MG France qui rappelle que 9 000 médecins généralistes sont maîtres de stage aujourd’hui.


Médecins adjoints, kezaco ?

Le syndicat de médecins généralistes tient ce jeudi son Colloque annuel sur le thème « Soins primaires : en marche ? ». L'organisation se dit curieuse de connaître les propositions d’Agnès Buzyn pour son plan sur les déserts médicaux annoncé pour fin septembre au plus tard : « Si l’organisation des soins primaires n’est pas l’axe principal du plan, on n’aura pas beaucoup avancé ». Claude Leicher martèle la nécessité de libérer du temps médical chez les généralistes en se débarrassant des tâches administratives (seul un cabinet de généraliste/deux dispose d’un secrétariat).

Et d’évoquer une autre proposition intéressante, citée dans le rapport de la Mecss : simplifier et valoriser le recours aux statuts intermédiaires comme celui d’adjoint ou de collaborateur, susceptibles de favoriser l’accès progressif à l’installation libérale. « Reste à en définir les statuts conventionnel, fiscal, social et l’équilibre financier ! ». Des expérimentations existent déjà dans la Manche avec le versement d’une indemnité de déplacement spécifique mise en place pour les étudiants en fin de cursus n'ayant pas encore soutenu leur thèse et s'engageant à effectuer des remplacements dans les zones sous-dotées pour l'équivalent d'un mi-temps au moins.

Dans les Hauts-de-France, l'association RemplaNor (plateforme de mise en relation de médecins avec des remplaçants médicaux), a testé, dans les zones déficitaires, un contrat de médecin « remplaçant-assistant », validé par l'ARS et le conseil départemental de l'ordre des médecins. Il permet à un remplaçant (thésé ou non) de travailler en même temps que le médecin qu'il assiste. A suivre. 

Source: 

Isabelle Guardiola

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