Des MG partent à Londres pour boucler leurs fins de mois

120-150 euros la consult' à domicile

Une vingtaine de généralistes français se déplaceront dans la capitale britannique les nuits et week-ends. Cette initiative privée, menée en partenariat avec la mairie de Londres, veut promouvoir « l’excellence de la médecine française » en permettant à ces MG de pratiquer des tarifs plus avantageux que dans l'Hexagone.

120 à 150 euros la consultation à domicile. C’est ce que propose « Private GP chez vous », une entreprise créée par des médecins français pour toucher la patientèle expatriée - 350 000 Français vivent à Londres - ainsi que les étrangers qui souhaitent consulter des "french doctors". Sur le modèle de « SOS médecins » en France, ces MG volontaires seront véhiculés par un chauffeur, et tout le matériel médical et le logiciel de mise en relation seront fournis. 

« Tout le monde trouve ça normal de payer pour sa santé »

Ce projet « militant » pensé « par des médecins pour des médecins » trouve de fervents défenseurs en France. « Enfin on se rend compte de la valeur d’un médecin français », explique le Dr Jérôme Marty, président de l’Union Française pour une Médecine Libre (UFML), contacté par What’s up Doc. « Ils refusent du monde tellement ils ont de demandes. Cela prouve qu’on ne peut plus estimer que l’acte vaut 25 euros en France ». Pour ce médecin, c’est une « bouffée d’air » que l’on offre aux MG français.

« Là-bas, si vous allez voir un médecin du privé, vous allez payer de 90 à 100 euros dans un quartier plutôt populaire et entre 170 à 227 € dans Harley Street, un quartier médical haut de gamme. Et tout le monde trouve ça normal de payer pour sa santé. Les assurances, qui sont chères, remboursent les gens », affirme un des médecins fondateurs - ophtalmologue - cité par egora.fr. « Nous ce qu’on veut, c’est faire une médecine de qualité, et à 25 euros, ça n’est pas possible », ajoute-t-il. 

« Nos honoraires sont déshonorants »

L’entreprise, en partenariat avec la mairie de Londres, compte également augmenter son activité en installant une « clinique d’excellence ». Celle-ci ambitionne de faire travailler 7 jours sur 7 des spécialistes français : dermatologues, pédiatres, gynécologues… Et en même temps que Theresa May accueille à bras ouverts nos médecins, « la France est en train de se rapprocher du système de santé anglais », déplore Jérôme Marty. D'après lui, outre-Manche, le système fonctionne à plusieurs vitesses. Avec d’une part des médecins de ville publics payés par le National Health Service (NHS, l’Assurance maladie britannique) et d’autres part des généralistes privés dont le tarif de consultation est très élevé. « Il ne faut pas en arriver là mais cela va venir si nous ne faisons rien. Aujourd’hui, nos honoraires sont déshonorants », estime Jérôme Marty. 

Pour l’UFML, il faudrait au moins harmoniser au niveau européen, en atteignant une consultation à 45-50 euros, et « sortir l’enveloppe tarifaire des honoraires de ville de l’ONDAM - qui fixe chaque année les dépenses à ne pas dépasser - pour obliger le politique à déterminer le coût réel de l’acte ». 

Ce syndicaliste souhaite donc que la Ministre de la Santé Agnès Buzyn s’inspire de cette initiative. « La médecine libérale est en plein burn-out, et on nous parle des MSP (Maisons de santé pluri-professionnelles, NDLR) et de la télé-médecine, c’est du bricolage. Il est temps d’organiser des États Généraux de la santé où l’on définira quelle médecine on veut en France », conclut-il.  

Source: 

Thomas Moysan

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