Choix d’internat : les gériatres en opération séduction

Les vieux c’est cool

L’Association nationale des Jeunes Gériatres Hospitaliers (AJGH) lance son cri d’alarme. Les pré-choix des promus aux ECNi 2017 font du DES Gériatrie une des spé’ les moins retenues.

« On a pris conscience du problème un peu tard », regrette Arnaud Caupenne, vice-président de l’AJGH et chef de clinique Gériatrie au CHU de Poitiers. L’opération séduction lancée il y a une semaine par les gériatres doit enrayer le désamour. « Notre spécialité souffre d’une mauvaise image. On se dit ‘les patients vont mourir de toute façon’ ou ‘c’est de la prescription de laxatifs à tour de bras’, donc c’est peu stimulant ! »

#JeSuisGériatre

Et ça se voit. Sur la plate-forme CELINE du Centre national de gestion (CNG), on peut apprécier l’étendue de l’inquiétude des gériatres, qui imaginent dans un mois leur service désert, sans un interne à se mettre sous la dent. À une semaine du début de la procédure définitive, entérinant les voeux des étudiants, l’AP-HP qui offre 50 places en internat de gériatrie a toujours 21 postes disponibles. Les CHU de Reims ou de Brest ne voient aucun de leurs 4 postes ouverts, pourvus.

Les hashtags sont de sortie. « Et pourquoi pas la gériatrie ? », drague l’AJGH dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux. On tente par tous les moyens d’endiguer l’hémorragie. « Il s’agit d’une prise en charge multi-disciplinaire, les gériatres sont donc appelés à donner des avis experts dans différents services, c’est une spécialité qui a de l’avenir », détaille le Dr Cyrielle Rambaud, assistante en Gériatrie au CHU de Nice et membre de l’AJGH. On vante une spé’ créatrice de lits et de postes, et « qui peut être très lucrative car il y a de grandes possibilités dans le privé », ajoute-t-elle. 

Devenez « le Dr House du sujet âgé » !

Des postes sont déjà vacants dans certains hôpitaux périphériques, « si nous n’avons pas d’internes, ce sera très grave », s’inquiète Cyrielle Rambaud. « Ce serait dommage que des personnes passent à côté alors que c’est une super spé ! » L’AJGH n’a pas peur de manquer de postes, le système de répartition du CNG rectifiera... mais elle souhaite plus d’étudiants en pré-choix. « Il faut des gens motivés, qui veulent vraiment faire Gériatrie », explique le chef de clinique poitevin.

Pour Arnaud Caupenne, il faut voir cela comme « un challenge. » Le sujet va être « au centre des préoccupations de l’Hôpital public ». L’association veut faire de vous « le Dr House du sujet âgé » ! Au-delà des clichés, les gériatres sont fiers de leur profession, et vantent une médecine exigeante, un exercice varié, un champ de recherche « quasiment illimité », des lieux d’exercice divers, une discipline en pleine évolution, des horaires qui permettent « une vie personnelle riche ». Rien que ça ! On signe où ?

Source: 

Thomas Moysan

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