Choix de stages à Paris : des internes « déclassés »

Qui va à la chasse perd sa place

Alors que la procédure de choix de stages se poursuit à Paris, certains internes de retour d’année-recherche ou de disponibilité se plaignent d’avoir été « déclassés ». En cause : un nouveau mode de calcul qui fait polémique.

Mais que se passe-t-il à Paris ? Après des débuts dantesques, entre listes de postes d’internat erronées et fronde des internes de psychiatrie, le choix des stages d’internat continue sur sa mauvaise lancée. Cette fois-ci, ce sont les internes de retour d’année-recherche et de M2 de se plaindre : leurs rangs d’appel auraient connu une chute vertigineuse. Sont concernées : la pédiatrie, la psychiatrie et plusieurs autres spé.

« Avant, quand on partait en M2, on savait à peu près combien on serait reclassé en revenant », explique Géraldine Poenou, présidente du Syndicat des Internes des Hôpitaux de Paris (SIHP). Désormais, certains internes « retardataires » (environ 300 à Paris) semblent voir leur rang d’appel fondre comme neige au soleil. Au revoir, poste fléché en CHU… La raison de ce changement ? Un logiciel au doux nom d’architecte égyptien.

Et les stages, ça va ? IMOtEP

IMOtEP, c’est le nouveau système destiné à uniformiser la gestion de l’internat. Déjà utilisé ici-et-là en province (à Marseille, par exemple), il vient seulement d’être mis en place pour les spécialités médicales parisiennes. Et contrairement à son éponyme égyptien, dont le nom signifie « celui qui vient en paix », IMOtEP semble tout enflammer sur son passage.

Par quelle magie ? Lors du choix de stage, le rang d’appel d’un interne est déterminé en fonction de son ancienneté et de son rang de classement. Lorsque des semestres manquent, comme après une dispo ou une année-recherche, l’interne « retardataire » doit être reclassé au sein d’une promo ultérieure à la sienne. Pour ce faire, IMOtEP se fend d’une simple et élégante règle de trois.

Prenons le cas (réel) d’A. M., interne de pédiatrie. Alors qu’elle est classée 231 sur 429 internes dans sa promo d’origine, son année de disponibilité la place de facto dans la promo suivante, où elle figure désormais en position 317 sur 589. Faites le ratio, c’est le même. En revanche, elle peut tout à fait se retrouver derrière des co-internes moins bien classés aux ECN.

L’exception parisienne ?

Ce qui passe mal. D’autant plus mal que les internes parisiens ont été habitués à plus d’égards par l’ARS Île-de-France, laisse entendre Géraldine Poenou. « Il y a deux choses auxquelles on n’a pas le droit de toucher à Paris : le classement et l’ancienneté », souligne-t-elle, réclamant une modification du mode de calcul. « Est-il normal, quand on fait un M2, de se faire déclasser au retour ? C’est de la formation, pas des vacances. »

En attendant, le SIHP s’active auprès des coordonnateurs de DES pour limiter les dégâts au cas pour cas. Du côté de l'InterSyndicat National, et sur fond de relations difficiles avec le SIHP, on a adopté une stratégie plus musclée : dénonçant une incohérence par rapport aux textes réglementaires (pourtant assez flous), l’ISNI menace l’ARS Île-de-France d’un recours administratif si une solution n’est pas trouvée dans la semaine. Sans se faire trop d’illusions.

« Ils disent que c’est réglementaire, on dit que ce n’est pas le cas », indique Olivier Le Pennetier, président de l’ISNI, qui confie n’avoir reçu aucune garantie à ce jour. « Je crains que le sort de ces internes soit fixé jusqu’à la fin [de la procédure de choix]. » Reste à voir si le problème se posera dans d’autres régions. La réponse d’ici quelques jours...

Source: 

Yvan Pandelé

Portrait de La rédaction

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