C'est à Paris que l'on préfère l'hydroxychloroquine

L'ANSM et la Cnam ont établi une étude de  la  consommation  de médicaments  de ville de janvier  à mars  2020.  Il  apparait clairement  un  pic de consommation de  l'hydroxychloroquine autour de  la  mi-mars.  

C'est un secret de polichinelle : depuis le début de l'épidémie, et surtout depuis les révélations fracassantes du professeur Didier Raoult sur les bienfaits de l'hydroxychloroquine associée ou non à l'azithromycine dans le traitement du Covid19, la consommation d'hydroxychloquine s'est envolée en flèche. C'est la Cnam, associée pour l'occasion à l'agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), qui l'établit dans une publication mise en ligne la semaine dernière. Intitulé "usage des médicaments de ville durant l'épidémie de Covid-19", cette étude se penche en particulier sur la consommation de médicaments en lien avec le Covid19. Donc s'intéresse à  la consommation d'hydroxychloroquine.

Chloroquine et hydroxychloroquine

Première constatation : avant que l'hydroxychlroquine ne soit tendance, c'est la chloroquine tout court qui a connu un premier pic de consommation à partir de fin février : "La délivrance de chloroquine était marquée par un pic autour du 25 au 28 février en passant de moins de 50 personnes par jour à plus de 450." La surconsommation d'hydroxychloroquine (comparé aux années 2018 et 2019) a commencé par devenir patente à partir de la semaine 10 avec une augmentation de +21% pour atteindre +70% en semaine 12 et +145% en semaine 13. Le pic de consommation d'hydroxychloroquine a été atteint le 18 mars avec près de 5000 personnes le même jour.
Le nombre de consommateurs "supplémentaires"  d'hydroxychloroquine est estimé  à 28 000 durant la deuxième quinzaine du mois de mars.
À noter que parmi eux, il y avait aussi des patients déjà traités par hydroxychloroquine pour du lupus ou de la a polyarthrite rhumatoïde, qui ont fait des stocks de leurs traitements, de peur de ruptures d'approvisionnement dues aux annonces du professeur Didier Raoult. La Cnam et l'ANSM établissent aussi que les nouveaux consommateurs d'hydroxychloroquine sont relativement jeunes et aisés : plus de 30% d'entre eux résident dans les 20% de communes les plus favorisées. Aussi c'est à  Paris que l'hydroxychloroquine a été le plus consommée les semaines 12  et 13 (56 pour 100 000), suivi par les Bouches du Rhône (51  pour  100  000), les Alpes maritimes (42 pour  100 000). À l'échelle régionale, c'est la région Provence Alpes  Côte d'Azur (41,9 pour 100 000) qui a été la plus grosse consommatrice suivie par l'Ile-de-France (30,7 pour 100 000). Les départements les moins consommateurs se retrouvent principalement sur la côte Ouest et en Guyane  : Mayenne, La Vienne, La Guyane, l'Ille-et-Villaine, la Manche, les Deux-sèvres, et la Loire Atlantique. "L’association hydroxychloroquine et azithromycine a concerné environ 8 100 personnes", ajoute la cnam  et l'ANSM. 

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