Ces docs qui donnent à Médecins du Monde : « Des valeurs communes et ma confiance »

Depuis sa création, Médecins du Monde entretient des liens forts avec le monde médical français. Chaque année, les dons de milliers de médecins participent d'ailleurs à aider l'ONG à agir et conserver son indépendance. Deux médecins donateurs se confient.
 

Elle pourrait déjà être à la retraite, mais Paule Gabriel, anesthésiste de 66 ans, a conservé un 20 % à l'hôpital de Dax, histoire de « se bouger les neurones et se maintenir à niveau », dit-elle. Car celle qui a travaillé toute sa vie à l'hôpital public « par conviction », a toujours cultivé en parallèle une forte fibre humanitaire. « Me maintenir à niveau, c'est avant tout parce que je suis engagée dans des missions à l'étranger et que l'anesthésie est une spécialité qui évolue sans cesse ».
 
Dr Paule Gabriel : « Je veux être utile »
 
Aider les plus fragiles, le Dr Gabriel le fait depuis qu'elle est étudiante. Externe, elle s'était envolée pour l'Afrique comme infirmière, « afin de connaître le monde et me rendre utile ». Ces quinze dernières années, on a pu la voir donner de son temps en Haïti, au Bangladesh ou encore au Cambodge. Il y a cinq ans, l'anesthésiste a commencé à faire des dons à Médecins du Monde, « puis des dons mensualisés, car j'ai compris que la régularité permettait d'offrir bien plus de visibilité et de stabilité à l'organisation », explique-t-elle. La raison de fond, elle, est une affaire de convictions, encore, et de combat commun. « Je me suis toujours sentie adhérer à la vision et aux actions d'une association médicale comme Médecins du Monde », confie celle qui donne aussi à une association écologiste et à une organisation venant en aide aux enfants défavorisés du Cambodge.
 
« Pour qu'une action soit efficace, il faut du temps, il faut transmettre un savoir-faire et une pratique, et faire en sorte que les équipes locales l'adoptent », insiste-t-elle. L'exigence de Médecins du Monde d'agir sur le long terme et de s'appuyer sur des équipes et des médecins locaux a été une motivation de plus à l'heure de donner. En cette fin d'année troublée, l'anesthésiste de Dax se dit également sensible aux actions menées en France par l'ONG, « alors que la crise accentue les inégalités ». Les dons, Paule Gabriel en connaît la couleur sur le terrain pour en avoir bénéficié elle-même en tant que volontaire. Elle sait ce qu'ils permettent au quotidien : « Je sais que toute mission coûte cher, nécessite des moyens humains, matériels ou financiers énormes. Cela paraît peut-être évident, mais sans argent on ne fait rien. Par mes actions comme par mes dons, je veux être utile ».
 
Les ruisseaux font les grandes rivières. Vingt euros par mois, c'est ce que l'anesthésiste donne à Médecins du Monde. A la fin de l'année, c'est une petite rivière. Que 83% de son don soit affecté à l'opérationnel – un chiffre certifié –, l'a conforté dans son choix. « C'est normal d'avoir des doutes sur l'utilisation de ce que l'on donne, glisse-t-elle, mais Médecins du Monde possède tout ce qui compte pour moi : des valeurs communes et ma confiance ».
 

Dr Bernard Matray : « Ma vison de la médecine est optimiste et altruiste »
 
Certains médecins donnent depuis de nombreuses années. Ces généreux historiques ont permis que Médecins du Monde tienne dans la durée. Parmi eux, on trouve le Dr Bernard Matray, donateur depuis plus de seize ans. « J'ai commencé à donner dès que j'ai eu davantage de liberté financière, soit 15 ans après l'achat de mon cabinet et une fois que les enfants avaient grandi », raconte ce médecin généraliste pétillant qui officie dans les Landes. Quand on l'écoute, donner à Médecins du Monde ou aux autres associations qu'il soutient sonne comme une évidence : « J'ai toujours baigné là-dedans, c'est mon éducation ! Mon père, déjà, était engagé dans le milieu associatif et un de mes oncles était visiteur de prison. On m'a toujours appris à me tourner vers l'autre ».
 
Défenseur d'une médecine « optimiste et altruiste »
 
Plus jeune, il aurait bien pu partir en mission humanitaire, ce n'était pas l'envie qui manquait. « Mais j'ai pris l'option famille ! Élever des enfants, ça engage aussi », dit-il sans l'ombre d'un regret. Le désir d'aider sur le terrain ne l'a pourtant jamais lâché. La preuve, il a continué à glaner les diplômes universitaires ou inter-universitaires dans ce but : médecine d'urgence, médecine humanitaire ou médecine de catastrophe. « Quand je serai à la retraite, je me proposerai pour partir en mission, c'est sûr », souffle-t-il.
 
En attendant, et depuis seize ans donc, il donne à Médecins du Monde, « toujours en fin d'année, en fonction de mon chiffre d'affaires ». Les déductions fiscales ? Oui, elles comptent, même si elles sont loin de constituer la raison profonde de son geste. « Je suis médecin, je veux aider ceux qui aident les plus vulnérables, dit-il. Ma vision de la médecine est optimiste et altruiste. Il faut défendre la médecine pour tous et encourager celles et ceux qui donnent de leur temps, parfois risquent leur vie, pour aider des personnes exclues de systèmes de soin. En fait, ils devraient crouler sous les dons ! »

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Un dossier réalisé pour Médecins du Monde et la bonne cause

 
Portrait de Thomas Blachère

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