#BalanceTonMedecin : non au médecin-bashing et… non aux biais racistes.

Suite au déferlement du hashtag #BalanceTonMedecin, plusieurs syndicats (SML, CSMF…), mais aussi l’Ordre des médecins ou Agnès Buzyn, ont dénoncé le médecin-bashing et la stigmatisation des médecins sur les réseaux sociaux. Mais ces réactions légitimes ne doivent pas masquer d’autres témoignages qui dénoncent, sous le même hashtag, les mauvaises prises en charge de patients, dues à des « biais » racistes.
 

En tête de la tendance Twitter lundi dernier, le hashtag #BalanceTonMedecin a défrayé la chronique sur les réseaux. Comme nous vous l’expliquions en début de semaine, c’est le thread d'un médecin généraliste, dénonçant les biais antiracistes dans la pratique des soins, qui a été interprété comme une apologie du racisme. Ce qui a déclenché une cascade de dénonciations de médecins, lesquels se sont défendus en criant au lynchage.
 
Le 6 novembre, le SML (syndicat des médecins libéraux) a réagi à cette polémique par l’intermédiaire d’un communiqué, estimant que « si les réactions qu’il (le hashtag #BalanceTonMedecin, NDLR) suscite sont confuses et variées », il tenait à « exprimer son indignation face à cette stigmatisation gratuite des médecins ».

Sans revenir sur les raisons qui sont à l’origine de ce déferlement de ces « dénonciations », le syndicat a estimé que « l’anonymat derrière lequel s’abritent les auteurs de ce médecin-bashing ne doit pas conduire aux excès auxquels nous assistons et qui blessent une profession dans sa dignité et son honneur ».

Sur la même longueur d’onde que le Conseil de l’ordre

Le SML se dit également sur la même longueur d’onde que le Conseil national de l’ordre des médecins qui a réagi, par la voix de son président Patrick Bouet. Il a déclaré sur Twitter : « Aux côtés des médecins qui, chaque jour, voient, écoutent et soignent des centaines de milliers de patients. Nous ne céderons pas à un docteur bashing instrumenté par les réseaux sociaux. #MonMédecinMonSoutien »

Son de cloche similaire du côté de la CSMF qui twittait le 5 novembre : « Nous sommes choqués par le hashtag #BalanceTonMédecin. Les médecins sont des professionnels dévoués et engagés. Ils font ce métier par vocation et l'exercent avec passion. On ne peut pas mettre au pilori une profession entière, alors qu'elle a à cœur de soigner les autres. »

Quant au président de la CSMF, le Dr Jean-Paul Ortiz, il déclarait à Capital : « Qu’un patient soit insatisfait par un médecin, ça peut arriver. Mais j’insiste, on parle d’un médecin et pas de l’ensemble de la communauté médicale ». Selon lui la profession, qui est confrontée à une pénuries de médecins ou de l’insécurité dans les cabinets médicaux, « a plutôt besoin d’être soutenue ».
 
Enfin, Agnès Buzyn a estimé que « le dévouement et le professionnalisme des médecins seront toujours au dessus d'un # inutilement blessant. Le respect et la confiance restent le cœur de la relation des professionnels de santé avec leurs patients ».

Toutes ces réactions semblent légitimes si l’on regarde cette affaire à travers le prisme de la campagne de lynchage des médecins. Mais elles ne doivent pas masquer l’origine première de ce hashtag : dénoncer les mauvaises prises en charge de patients, dues à des « biais » racistes. À l’image de ces témoignages récents :

Car, avant même #BalanceTonMédecin, de nombreux patients, mais aussi des soignants, avaient affirmé via des hashtags sur les réseaux sociaux avoir été victimes de préjugés racistes lors de leur prise en charge. En particulier depuis l'affaire Naomi Musenga, cette jeune femme d'origine congolaise qui est morte en décembre 2017, peu après avoir été raillée par deux opératrices des secours de l'hôpital universitaire de Strasbourg (Bas-Rhin).
 
Ce qui faisait dire à franceinfo en 2018 que « depuis l'affaire Naomi Musenga, les témoignages pullulent sous les hashtags #MédecineRaciste ou #SyndromeMediterranéen » . Bien avant le hashtag #BalanceTonMédecin …
 

Portrait de Julien Moschetti

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