Assistants médicaux : la messe est dite !

Trois des syndicats majoritaires représentatifs de la profession (MG France, CSMF et SML) signeront demain l’avenant 7 sur les assistants médicaux. L’Assurance maladie détaille le dispositif d'aide financière au recrutement d'assistants médicaux qui se veut "souple et ouvert"...
 

Il est désormais trop tard pour pleurer. Trois des syndicats majoritaires représentatifs de la profession (MG France, CSMF et SML), représentant 68 % des généralistes et 55 % des autres spécialistes, signeront demain l’avenant 7 sur les assistants médicaux.
 
Au grand dam de certains syndicats, comme la FMF ou l'UFML-Syndicat :

  

 
Dès la rentrée 2019, les médecins pourront donc bénéficier d’une aide financière versée par l’Assurance Maladie pour faciliter l’embauche de ces assistants. En contrepartie, ils s’engagent à recevoir davantage de patients.
 
Objectifs ? « Améliorer l’accès aux soins ainsi que les conditions d’exercice des médecins libéraux », mais aussi « libérer du temps médical pour permettre aux médecins de se concentrer sur leur cœur de métier : le soin », selon l’Assurance maladie.
 
Le niveau de financement variera en fonction de la formule choisie par le médecin qui pourra financer tout ou partie du salaire de l’assistant médical : 1/3 temps, mi-temps ou temps plein. Le montant se situera entre 12 000 euros et 36 000 euros la première année.
 
L’aide sera annuelle, pérenne et évolutive dans le temps. Elle diminuera « au fur à mesure que le surplus d’activité apporté par l’assistant médical permettra d’augmenter les revenus du cabinet ». À partir de la troisième année, elle deviendra stable.

Selon l’Assurance Maladie, la mesure a été volontairement conçue pour être « ouverte et souple ». Car c’est le médecin qui décidera « selon sa pratique et l’organisation de son cabinet s’il veut être épaulé par un assistant médical et qui détermine les missions qu’il souhaite lui confier : soutien administratif, accompagnement de la consultation, organisation et coordination avec les autres acteurs de santé. »
 
Dégressive, l’aide financière concernera tout médecin installé en libéral, quelle que soit sa spécialité. À condition toutefois qu’il exerce en secteur 1 (aux tarifs opposables) ou avec des tarifs maîtrisés (secteur 2 Optam / Optam-CO) et qu’il ait un nombre de patients suffisant.
 
L’appui d’un assistant médical se justifie pleinement à partir d’un certain niveau d’activité, selon l’Assurance maladie. C’est la raison pour laquelle les 30 % de médecins ayant les plus faibles patientèles ne sont pas concernés par le dispositif. C’est ce qu’on appelle une mesure « ouverte et souple »…

Avoir un nombre de patients suffisant

Les généralistes devront également avoir un nombre de patients médecin traitant suffisant, soit plus de 640 patients. Une fois dans le dispositif, ils devront s’engager « à assurer l’accueil et la prise en charge de nouveaux patients grâce au temps dégagé par l’assistant médical », d’après l’Assurance maladie.
 
Pour un généraliste, cela suppose d’augmenter le nombre de patients suivis comme médecin traitant, et le nombre de patients différents vus au moins une fois au cours de l’année "file active". Pour les autres spécialistes, il s’agit d’augmenter leur file active. C’est ce qu’on appelle une mesure « ouverte et souple »…
 
Par ailleurs, l’aide financière concernera les médecins sur tous les territoires : médecins généralistes et autres spécialistes (pédiatres, cardiologues, gynécologues, gastro-entérologues, ophtalmologues, psychiatres…). À l’exception de certaines spécialités, comme les anesthésistes et les chirurgiens, qui bénéficieront d’une aide sur les 30% des territoires dont l’offre de soins est insuffisante.

À condition d'exercer de manière regroupée

Enfin, l’aide au recrutement d’un assistant médical sera uniquement destinée aux « médecins exerçant de manière regroupée, dans un cabinet d’au moins deux médecins ou exerçant déjà de manière coordonnée (maisons de santé pluri-professionnelles, équipes de soins primaires, équipes de soins spécialisés ou communautés professionnelles territoriales de santé). »
 
Si tel n’est pas le cas, ils auront deux ans pour rejoindre un tel dispositif, après l’embauche d’un assistant médical. C’est ce qu’on appelle une mesure « ouverte et souple »…
 

Portrait de Julien Moschetti

Vous aimerez aussi

L'exercice mixte ville-hôpital devient la norme.
Les projets de loi de santé et de réforme de la fonction publique comportent une série de mesures qui tendent à libéraliser les métiers de santé,...
La Société française de neuroradiologie interventionnelle aimerait que les capacités de formation et le nombre de postes de neuroradiologues...
La Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) insiste pour qu’un numéro d’appel du médecin de garde soit généralisé sur le territoire. Le...

Le gros dossier

 

Le magazine What’s Up Doc est édité par l’agence Planète Med.