Achille Cassiot, nouveau président de l’Isni : « Notre chantier prioritaire, c’est clairement le temps de travail des internes »

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Fraîchement élu à la tête de l’Isni, Achille Cassiot, interne en anesthésie-réanimation au CHU de Tours, affiche ses priorités : faire enfin respecter le temps de travail des internes et redynamiser le réseau syndical local. Liberté d’installation, santé mentale, quatrième année de médecine générale… Le nouveau président entend aussi maintenir les lignes rouges historiques de l’intersyndicale.

Achille Cassiot, nouveau président de l’Isni : « Notre chantier prioritaire, c’est clairement le temps de travail des internes »

© DR / Midjourney

Parmi les différents axes que vous donnerez à votre mandat, y en a-t-il un qui prédomine ?

Achille Cassiot : Clairement, notre chantier prioritaire est celui du temps de travail. Il faut mettre en place impérativement le décompte du temps de travail dans l'ensemble des établissements. C'est une obligation légale demandée depuis des années, mais qui traîne en raison de divers blocages institutionnels et hospitaliers. L'idée est d'intensifier ce travail pour obtenir enfin une vraie mesure du temps de travail réel des internes.

 

Concernant la liberté d'installation, maintenez-vous la même opposition aux textes de loi (Garot, Mouiller) réglementant l'installation des médecins ?

AC. : Rien n’a changé. Nous sommes sur la même ligne et les mêmes positions qu'auparavant. Sur ce sujet, l'Isni publiera très prochainement une contribution en vue des échéances électorales à venir, afin de traiter notamment la question de l'accès aux soins.
Par ailleurs, notre mot d'ordre reste le même : l'internat est avant tout une formation. Les internes sont là pour apprendre, ce qui exige des stages de qualité, agréés, avec des maîtres de stage compétents et formés. 

 

« Il faut investir dans la rénovation des internats, développer des logements réservés aux internes et revaloriser l’indemnité de logement »

 

En matière de santé mentale, problématique récurrente chez les internes, quelles mesures concrètes souhaitez-vous obtenir ?

AC. : Nous voulons agir sur l'ensemble des risques psychosociaux auxquels sont exposés les internes. Cela passe d’abord par le renforcement et la lisibilité des dispositifs et lignes d'écoute, assurés par les associations ou les institutions. Parallèlement, nous voulons travailler également sur les questions d’hébergement, pour essayer de rendre un peu moins précaire le statut d’interne. L’accès au logement devient de plus en plus difficile, avec des loyers qui augmentent, alors même que les internes peuvent être amenés à changer de lieu de stage, donc de logement, tous les six mois. À cela s’ajoute le manque d’entretien de certains internats, notamment dans les CHU. 

 

Quelles mesures pourraient être mises en place ?

AC. : Nous voulons d’abord dresser un état des lieux de l’existant. Plusieurs pistes peuvent ensuite être envisagées : investir dans la rénovation des internats, hospitaliers ou ruraux, afin de proposer des conditions d’accueil satisfaisantes; développer un parc de logements de qualité réservé aux internes lorsqu’ils arrivent sur leur lieu de stage et enfin revaloriser l’indemnité de logement, qui n’a pas évolué depuis les années 1980.

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Le bureau 2026-2027 compte un poste dédié à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles (VSS). Est-ce une nouveauté ?

AC. : Ce n'est pas une création absolue : des postes similaires ou axés sur la lutte contre les discriminations ont déjà existé au sein du bureau. Mais il est vrai que cette année, la vice-présidente en charge souhaite s'investir spécifiquement sur la lutte contre les VSS, afin de briser l’omerta, libérer la parole et mieux accompagner les victimes.

 

« Les internes restent opposés à la quatrième année de médecine générale telle qu'elle est proposée »

 

L’année universitaire 2026-2027 marque l’entrée en vigueur de la quatrième année de médecine générale. Votre opposition à cette réforme est-elle toujours d’actualité, alors que la première génération de docteurs juniors s’apprête à prendre ses fonctions ?

AC. : Notre ligne rouge ne varie pas : les internes restent opposés à la quatrième année de médecine générale telle qu'elle est proposée actuellement, notamment sur la question des modèles de rémunération. Nous veillons à ce que les consignes pédagogiques et l'encadrement soient strictement respectés. La répartition des internes via la plateforme SiiMOP étant en cours, nous restons particulièrement vigilants et mobilisés sur ce dossier.

 

Jusqu’où êtes-vous prêts à aller si les choses ne se déroulent pas comme prévu ?

AC. : Pour l’instant, il est encore trop tôt pour se prononcer. Si des difficultés apparaissent, nous en discuterons collectivement en assemblée générale et déciderons des suites à donner le moment venu. 

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Sur quoi aimeriez-vous que votre mandat soit jugé à son terme ?

AC. : Outre ce que nous venons d’évoquer, principalement sur deux aspects : des avancées concrètes sur le décompte du temps de travail et la redynamisation de la vie associative et syndicale locale.

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