Voeux 2018 : la FMF met l’accent sur la télémédecine

Et il faut que ca rapporte !

Ce 18 janvier, c’était au tour de la Fédération des Médecins de France de présenter ses voeux à la presse. Au menu 2018, trois combats pour la FMF : les charges sociales, la télémédecine et la place des jeunes dans les négociations conventionnelles.

De 2017, Jean-Paul Hamon, réélu en octobre dernier à la présidence de la FMF, retiendra une année de libéral bashing. Aucun officiel n’a soutenu les gynécologues attaqués sur les violences gynéco à travers des affiches, à l’occasion des Journées nationales du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) qui se déroulaient en décembre à Lille, a-t-il notamment rappelé.

Il espère que 2018 s’ouvrira sous de meilleurs auspices. Avec sa verve habituelle et son langage fleuri, il a annoncé qu’avec Agnès Buzyn, « la lune de miel est terminée. Maintenant, on demande des preuves d’amour ». Et visiblement, l’amour s’exprimera à travers les négociations sur la télémédecine, sujet qui a mobilisé l’essentiel de l’exposé de ce jeudi.

Une grosse part pour les médecins

Le thème est, dès ce mois de janvier, au coeur du programme 2018. Les 5 réunions prévues par la CNAM entre le 31 janvier et le 29 mars s’annoncent animées. Avec plusieurs inquiétudes pour la FMF : elle redoute que les assurances et les mutuelles, qui sont déjà très actives pour développer leur propres systèmes, prennent une place trop importante dans les décisions. « On est peut-être un peu paranos, mais on préfère rester prudents », a lancé Jean-Paul Hamon.

La Fédération craint aussi que la télémédecine soit l’occasion pour le Gouvernement de faire quelques économies, notamment aux dépens des médecins libéraux. « Nous sommes prêts à soutenir la télémédecine, mais pas si c’est une activité sous-rémunérée », a souligné le président de la FMF. Avec Claude Bronner, président de la branche FMF-Union généraliste, il a confirmé le besoin, surtout en télé-expertise ; notamment dans les zones rurales, parfois encore dotées de médecins généralistes, mais où les spécialistes se font de plus en plus rares.

1 + 1 = 3

Les expérimentations mises en place n’ont pas fait tache d’huile, car les démarches sont « trop compliquées », estime la FMF. « Il faut mettre la télémédecine dans la convention ». Mais pas à n’importe quel prix.

Que paie-t-on, et dans quelles conditions ? Les représentants des libéraux demanderont une consultation majorée de 50 % pour les deux praticiens en communication. On fait le compte : 1,5 + 1,5 à la place de deux consultations. Pas sûr que l’idée de deux consultations payées trois plaise à l’Assurance Maladie !

TPG, CSG et OKLM

D’autres combats sont à prévoir pour le syndicat de médecins libéraux. À l’issue de la conférence de presse, Jean-Paul Hamon a couru au ministère de la Santé pour participer à une réunion sur le tiers payant généralisable, qui ne passe visiblement toujours pas. Dans la soirée, ce seront les charges sociales, et notamment la compensation de la CSG, qui seront discutées, ainsi que les premiers éléments des débats sur l’entrée de la télémédecine dans la convention médicale.

Enfin, à la suite du rapport de Terra Nova sur l’implication des jeunes médecins dans les négociations conventionnelles, la FMF s’est positionnée en faveur de l’accentuation de leur participation. Jean-Paul Hamon a déjà rencontré les responsables des syndicats de jeunes médecins, d’internes et d’étudiants. La FMF parle le langage des jeunes, et voit loin pour prendre du poids !

Source: 

Jonathan Herchkovitch

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