Violences à l’hôpital : les médecins sont des planqués comparés aux infirmières

Quand les soignants deviennent des cibles...

L'Observatoire national des violences en milieu de santé (ONVS) vient de rendre son rapport 2019 sur les violences en établissement de santé. Les personnels paramédicaux sont les principales victimes de ce mal endémique. 

Depuis 2005, l’Observatoire national des violences en milieu de santé (ONVS) recense les atteintes aux personnes et aux biens en santé. Toujours avec précaution, et sans vouloir être tapageur, l’ONVS établit chaque année une cartographie des violences de patients sur les personnels de santé, entre patients, de personnels de santé sur les patients, mais aussi entre personnels de santé. Et de prévenir : «  le nombre de signalements ne reflète pas forcément la dangerosité d’un lieu de soin mais le nombre de fois où les professionnels ont tenu à signaler les faits. »

Et, plutôt que de n’avancer qu’une série de chiffres et de statistiques, l’ONVS tente également de définir l’origine des violences. « Le monde de la santé n’échappe pas à un fait de société qui touche en réalité toute profession rendant un service à nos concitoyens et que les professionnels de santé traduisent souvent en des termes qui leurs sont typiques : « intolérance à la frustration +++ ». Cette « frustration » se traduit par une réaction plus ou moins violente à une contrariété que la personne ne peut pas supporter », établit l’ONVS. 

En 2018, « seuls 7,35% de l’ensemble des établissements inscrits sur la plateforme de l’ONVS ont déclaré des signalements ». Premier type d’établissements déclarants, les établissements de santé : « 316 des 924 établissements publics de santé ont déclaré 20 862 signalements soit 34,19% des établissements déclarants », détaille l’ONVS. Les privés non lucratifs représentent 3,71% des établissements déclarants, et les privés lucratifs 4,03%. 

 

La psychiatrie en tête 

Au total, ce sont 23 360 signalements qui ont été comptabilisés en 2018, par 426 établissements de santé. 80% sont des atteintes aux personnes, et 20% sont des signalement d’atteinte aux biens. 

Pour ce qui est des atteintes aux personnes, les violences physiques représentent 49%, les insultes et injures 32%, les menaces à l’intégrité physique 17% et les violences avec armes 2%. Côté atteintes aux biens, les vols sans effraction et les dégradations légères sont les plus importants, soit 88%. 

Les structures ou unités déclarant le plus de violence sont la psychiatrie (18%), les urgences (16%), les Ehpad/USLD (11%), les unités de soins dépend (9%), la médecine (8%). 

Les principales victimes d’atteinte aux personnes sont les personnels qui représentent 82% du contingent. Parmi eux, 94% sont des personnels de santé (9% de médecins, 47% d’infirmiers et 44% d’aides-soignants) et 6% des personnels administratifs. Les patients représentent 10% des victimes, les agents de sécurité 5%, les visiteurs 1%. 

Les patients auteurs des violences

Les auteurs de ces violences sont majoritairement des patients (71%) suivis par des accompagnateurs (19%). Les personnels de santé représentent 3% des auteurs de violence.  « Concernant les violences par les personnels soignants ou non, ce sont essentiellement des violences verbales : critiques incessantes et reproches sur l’inaptitude professionnelle réelle ou supposée des pairs ou des collaborateurs, attitude hostile, propos grossiers, dénigrement permanent en privé ou devant le public du
travail effectué avec d’autres professionnels ou personnels de santé »
, note l’ONVS. 

Pourquoi devient-on violent ? La prise en charge du patient est le motif principal (59,1%), suivi par le temps d’attente (13,3%), l’alcoolisation (11,6%), les conflits familiaux (6,5%), les drogues (3,3%). 

Lors de ces incidents, les forces de l’ordre n’interviennent que dans 6% des cas. Mais l’ONVS note que « Les formations professionnelles pratiques dispensées sur la gestion des tensions et de l’agressivité se révèlent extrêmement utiles afin de mieux prévenir et gérer les moments de violence ». 2 066 plaintes et 260 mains-courantes ont été recensées. 

 

 

 

 

 

 

Portrait de Jean-Bernard Gervais

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