Violences conjugales : une femme victime sur quatre en parlerait à son médecin… si celui-ci posait la question

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Une enquête menée par l’institut Verian pour la HAS montre que le repérage des violences conjugales progresse lentement en médecine générale, mais reste encore très limité. Si les femmes se disent très majoritairement favorables au fait d’être interrogées sur ce sujet, seules 5 % déclarent que leur médecin leur a effectivement posé la question lors d’une consultation récente. Pourtant, près de 4 femmes victimes sur 10 affirment qu’elles évoqueraient ces violences si leur médecin généraliste les questionnait directement.

Violences conjugales : une femme victime sur quatre en parlerait à son médecin… si celui-ci posait la question

© Midjourney x What's up Doc

Selon cette enquête réalisée auprès de 1 000 femmes françaises majeures, dont 876 ayant consulté un médecin généraliste au cours des 18 derniers mois, le repérage des violences conjugales reste encore marginal dans la pratique médicale. En 2025, seulement 5 % des femmes déclarent avoir été directement interrogées par leur médecin sur d’éventuelles violences subies au sein du couple. Cette proportion reste faible, même si elle progresse par rapport à 2022, où seules 3 % des femmes déclaraient avoir été questionnées sur ce sujet. 

La relation avec le partenaire est évoquée plus souvent, mais demeure peu abordée : 17 % des femmes disent que ce sujet a été évoqué lors d’une consultation. À titre de comparaison, les médecins interrogent bien plus fréquemment leurs patientes sur d’autres sujets de prévention : 26 % sur leur consommation d’alcool, 37 % sur le tabac et 61 % sur leur activité physique.

Une démarche très largement acceptée par les patientes

L’enquête souligne pourtant que ce questionnement est très largement accepté par les patientes. Au total, 97 % des femmes considèrent que le fait que le médecin généraliste interroge systématiquement les patientes sur d’éventuelles violences conjugales est une bonne chose.

Lorsqu’il est abordé, le sujet est généralement perçu comme une démarche médicale légitime et bienveillante. Les femmes interrogées estiment que cette question peut s’inscrire dans une logique de prévention ou de diagnostic et non comme une intrusion dans leur vie privée.

Le médecin, un interlocuteur clé pour les femmes victimes

L’étude rappelle également le rôle central que peut jouer le médecin généraliste dans le repérage des violences. Parmi les femmes interrogées, 1 sur 5 déclare subir ou avoir subi des violences de la part de son partenaire, qu’elles soient verbales, psychologiques ou sexuelles.

Mais dans la majorité des cas, ces violences ne sont pas évoquées spontanément en consultation. Seules 21 % des femmes concernées déclarent en avoir parlé d’elles-mêmes à leur médecin. En revanche, 39 % affirment qu’elles en parleraient si leur médecin leur posait directement la question.

Autrement dit, le simple fait d’interroger les patientes pourrait permettre de révéler un nombre beaucoup plus important de situations de violences.

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/violences-conjugales-les-soignants-sont-ils-desormais-au-rendez-vous

Une recommandation encore insuffisamment appliquée

Depuis 2019, la HAS recommande aux médecins de questionner systématiquement les femmes lors de l’anamnèse afin de repérer d’éventuelles violences au sein du couple. L’objectif est d’améliorer l’identification de ces situations et de faciliter la prise en charge des patientes concernées.

Les résultats de cette nouvelle mesure barométrique montrent que cette pratique progresse, mais qu’elle reste encore très loin d’être systématique. 

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