Vaccins Covid-19 : Prêts à sillonner la campagne ?

À partir de dimanche, les résidents en EHPAD recevront les premières injections du vaccin Pfizer et Biontech. Une campagne ambitieuse démarrée sur les chapeaux de roues pourtant lancée à pas de loup.

Les établissements accueillant des personnes âgées sont dans les starting blocks. Dès dimanche 27 décembre, leurs résidents entameront le bal des vaccinations. Un lancement, orchestré au lendemain de l’arrivée de la solution Pfizer et Biontech sur le territoire, qui se fera d’abord au compte-goutte. Seules « quelques dizaines de résidents », selon le ministre de la santé Olivier Véran, devraient être concernées par ces premières injections dominicales. 
 
 « Il y aura d’abord deux ou trois établissements concernés, a poursuivi le ministre, sur TF1. Un du côté de Paris, pas très loin de Paris, un autre du côté de la Bourgogne Franche-Comté et puis éventuellement un troisième qui est en discussion ». Selon les informations du Monde, l’hôpital René-Muret de Sevran (Seine-Saint-Denis) et le centre gériatrique de Dijon font notamment partie de ce trio de tête. Une « initiation » de la campagne vaccinale qui devrait inclure « d’autres établissements » dès le lundi. « Puis, le mardi ; on va égrener comme ça progressivement », a précisé le ministre. Un tempo, oscillant entre lenteur et précipitation, vu par beaucoup comme un moyen de coller au calendrier vaccinal européen. « Tous les pays de l’Union Européenne démarrent la vaccination le même jour », a tenu à rappeler le ministre. Et un directeur d’une fédération d’EHPAD de commenter auprès du Monde : « C’est un coup de com’ pour ne pas donner l’impression qu’on arrive les derniers ». Le flux massif des vaccinations devrait en effet commencer à la mi-janvier, à en croire les allégations d’Aurélien Rousseau, directeur général de l’agence régionale de santé (ARS) d’Ile-de-France.
 
Une feuille de route dont l’organisation a été précisée en début de semaine. Mardi 22 décembre, la direction générale de la cohésion sociale (DGCS) leur faisait parvenir un guide de 45 pages précisant les modalités de la campagne de vaccination. Au programme ? L’organisation impérative de consultation pré-vaccinale, menée prioritairement par le médecin traitant ou, à défaut, par un médecin coordonnateur ou un autre médecin. « L’objectif de la consultation pré-vaccinale est d’identifier l’absence de contre-indication temporaire ou définitive de à la vaccination et de déterminer le bénéfice/risque de la vaccination », précise le guide du ministère. Une analyse complète accompagnée d’un temps d’information du patient visant à recueillir ou non son consentement « libre et éclairé ». Si les troubles cognitifs de ce dernier l’en empêchent, c’est vers leur représentant légal ou vers un tiers de confiance que le médecin devra se tourner. « 50 à 60 % des résidents seront consentants », estime Florence Arnaiz-Maumé, déléguée générale du Syndicat national des établissements et résidences privés pour personnes âgées (Synerpa), dans les colonnes du Monde.
 
La consultation pré-vaccinale effectuée et le consentement en poche, la vaccination de la première dose pourra être effectuée. À noter, qu’en l’absence d’un médecin traitant, les médecins coordonnateurs et les infirmières pourront pratiquer les injections. À l’issue de son administration, une surveillance du patient de quinze minutes « au minimum » est préconisée par le ministère. Une première injection qui sera suivie d’une seconde, 21 jours après. « L'ensemble de la procédure (consultation pré-vaccinale, consentement, vaccination, suivi) est inscrit dans le dossier médical du résident et retracé dans le système d’information de suivi de la vaccination (VACCIN-COVID) », précise le ministère, qui souligne que ce système d’information sera accessible dès le 4 janvier. « Dans l’intervalle, stocker les informations nécessaires et listées dans le présent guide dans des conditions sécurisées, dans la perspective de leur renseignement dans « VACCIN COVID » dès son ouverture », poursuit le guide.  

Et qu’en est-il des professionnels de santé ? Fin novembre, la Haute Autorité de la Santé avait inclus dans ses recommandations prioritaires ceux qui officient auprès de ce public fragile. Une campagne parallèle qui se déroulera en trois phases, indique le ministère. « Phase 1 : professionnels des établissements du secteur médico-social âgés de 65 ans ou plus et/ou à comorbidités ; Phase 2 : professionnels du secteur médico-social âgés de 50 ans ou plus et/ou à comorbidités ; Phase 3 : les professionnels du secteur médico-social non encore vaccinés », détaillent les autorités aujourd’hui.

En tout, la déléguée générale de Synerpa estime que la campagne de vaccination des résidents en EHPAD pourrait durer « deux mois ». Un temps court qui devrait se dérouler à « flux tendu » et qui sera suivi entre février et mars de la seconde phase de vaccination, concernant les personnes de plus de 65 ans, dont les modalités n'ont pas encore été précisées. 
 

Comment les vaccins seront-ils conservés ?  
« Dans le cadre de la première phase de vaccination, le seul vaccin disponible sera le vaccin Pfizer-BioNTech qui sera stocké à -80°C dans un nombre restreint d’établissements sur le territoire. », indique le ministère. Une fois décongelé, ce dernier peut se conserver 5 jours entre 2° et 8°. Un temps court durant lequel « l’acheminement » vers les lieux de vaccination puis l’administration aux patients doit être réalisée.
 

 

Portrait de Julia Neuville

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