Urgences saison 1

Nouvelle spé, la médecine d’urgence a rempli son quota. Au détriment de la médecine générale ? Avec plus de succès que cette dernière ? Pour quel exercice ? Réponses.

460 postes tous pourvus pour une spécialité pas si prisée car arrivée 37e sur 44. Ce n’est pas une surprise pour Olivier Le Pennetier, ancien président de l'InterSyndicale Nationale des Internes (ISNI), interne en médecine générale et urgentiste : « Certains internes choisissent actuellement la médecine générale pour faire de la médecine d’urgence et parfois les places sont chères. De plus, en dehors de la vocation, il était prévisible que la médecine d’urgence ne figurerait pas dans les premiers choix ; et qu’étant donné que les postes sont nombreux, cela dilue son élection. Néanmoins, il est plus facile de se projeter aux urgences – on y passe tous – qu’en gériatrie, à la croisée de différentes spés ». Si, d’un point de vue pédagogique, la création du DES est très positive pour la médecine d’urgence, par une vraie formation initiale, on peut redouter cependant une désarticulation ville/hôpital : « Le fait de devenir urgentiste après avoir fait médecine générale permettait d’entretenir un lien avec les généralistes, nos correspondants quotidiens. Il faudra veiller à conserver un bon contact entre spécialistes, pour la qualité de la prise en charge ».

Urgentiste à vie ?

En effet quand on s’engage dans le DES, théoriquement on sera urgentiste, smuriste ou à la régulation toute sa vie. « C’est un peu le défaut de la réforme », reconnaît Olivier Le Pennetier en soulignant la possibilité de faire un 2e DES : on pense en particulier à la médecine post-urgence à la cardiologie, la réanimation…

« Il était prévisible que la médecine d’urgence ne figurerait pas dans les premiers choix. Néanmoins, il est plus facile de se projeter aux urgences - on y passe tous. »

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Généraliste donc pas urgentiste ?

Idem pour la médecine générale : si l’interne ne peut enchaîner avec une surspé d’urgence, il pourra plus tard, à tout moment, réaliser un 2e DES. Les textes ne sont cependant pas parus sur ce sujet, qui pose d’autre part des questions de démographie médicale : « On régule d’un côté avec les postes à l’ECN et d’un autre on permettrait des passerelles qui créeraient un déséquilibre ».

Perte d'attractivité pour la médecine générale ?

« L’apparition des nouvelles filières n’a pas d’impact sur la formation », assure Marion Bouty, porte-parole de l’Isnar-IMG. « Cette année, le premier à avoir choisi la médecine générale était 50e. L’attractivité de notre filière pour ses spécificités – l’approche globale et la polyvalence d’exercice – reste entière et les externes, notamment grâce au stage ambulatoire, la choisissent en toute connaissance de cause, on l’observe depuis des années.

Portrait de La rédaction
article du WUD 35

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