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Les faits s’étaient déroulés en septembre 2024 à Effretikon, dans le canton de Zurich (nord du pays). L’homme avait appelé les secours en pleine nuit pour signaler que sa partenaire ne respirait plus. Malgré une tentative de réanimation, la femme avait été déclarée morte sur place et l’octogénaire interpellé.
D’après le média suisse Beobachter, l’autopsie a conclu à une mort par strangulation ayant entraîné un manque d’oxygène au cerveau. Mais l’enquête n’aurait mis au jour ni mobile, ni conflit connu au sein du couple, décrit par l’entourage comme uni.
Un trouble rare du sommeil
Le tournant du dossier serait venu des auditions de proches, qui ont évoqué chez le suspect des mouvements brusques survenant pendant le sommeil, avec déjà de légères blessures occasionnées par le passé.
Mandaté par le parquet, un expert psychiatre a alors retenu l’hypothèse d’un trouble rare du sommeil susceptible de provoquer des gestes violents sans contrôle conscient, ce qui a conduit les autorités à renoncer aux poursuites pénales après plus d’un an d’enquête, selon Beobachter.
Autorisation d’exercer retirée
Le cas a d’autant plus frappé l’opinion en Suisse que l’homme continuait, jusqu’alors, d’exercer comme généraliste malgré son grand âge. Il collabore également, comme médecin-conseil, avec l’association d’assistance au suicide Dignitas.
Le généraliste n’a pas été condamné pénalement, mais il doit supporter plus de 30 000 francs suisses de frais de procédure. Selon le média, son autorisation d’exercer a en outre été retirée et des mesures de précaution ordonnées, notamment l’interdiction de partager à l’avenir le lit d’une partenaire.
Les violences durant le sommeil sont décrites dans la littérature médicale, notamment dans le trouble du comportement en sommeil paradoxal, une parasomnie durant laquelle le dormeur met en acte ses rêves, parfois de manière brutale.
La Revue médicale suisse souligne que les parasomnies peuvent inclure des comportements moteurs complexes, tandis qu’un article du Canadian Medical Association Journal rappelle que ce trouble peut provoquer des gestes violents envers le partenaire de lit.
Sur le plan pénal, le droit suisse prévoit qu’une personne n’est pas punissable si, au moment des faits, elle était incapable d’apprécier le caractère illicite de son acte.
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