Nuits plus courtes, santé dégradée, inégalités : les nouveaux chiffres du sommeil qui doivent alerter les médecins

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Des Français qui dorment en moyenne moins et moins bien, perturbés par les rythmes et les environnements de vie contemporains : une nouvelle enquête alerte sur les atteintes au sommeil, un pilier de la santé, qui touchent plus les femmes, les jeunes ou les précaires.

Nuits plus courtes, santé dégradée, inégalités : les nouveaux chiffres du sommeil qui doivent alerter les médecins

© Midjourney x What's up Doc

 

Avant la 26e Journée du sommeil organisée ce vendredi par l'Institut national du sommeil (INSV) et de la vigilance, voici les grands enseignements de l'enquête Opinionway pour l'INSV et la fondation Vinci Autoroutes auprès d'un millier d'adultes de 18-65 ans, réalisée en ligne du 4 au 16 décembre 2025.

Des nuits plus courtes

En moyenne, les Français dorment 6h50 la semaine et les jours travaillés, 14 minutes de moins qu'un an auparavant, et 7h48 le week-end et les jours de congé, 10 minutes supplémentaires.

Un quart des Français dort même moins de 6h par nuit en semaine : « ce n'est pas bon pour la santé : plus de risques cardiovasculaires, de santé mentale... », a pointé devant la presse Isabelle Poirot, présidente de l'INSV et psychiatre au CHU de Lille.

Au réveil, il reste de la fatigue chez près la moitié des personnes interrogées. Et plus d'un tiers des Français (38%) signale aussi des troubles du sommeil, insomnie en tête.

Le manque de sommeil augmente les risques pour la santé physique et mentale : maladies cardiovasculaires, obésité, diabète, cancer, troubles de l'humeur, d'anxiété, de dépression, etc, selon les spécialistes.

« Toutes les pathologies chroniques ont un lien avec un mauvais sommeil » : soit la pathologie perturbe le sommeil, soit le sommeil perturbé altère la santé ou l'efficacité des traitements, a souligné Isabelle Poirot.

Un sommeil dégradé accroît aussi les risques d'accidents (de la route, du travail...). Or plus d'un tiers (35%) des Français souffre d'hypersomnolence, et un quart rapporte au moins un épisode de somnolence au volant dans l'année écoulée qui les a forcés à s'arrêter.

L'environnement perturbe les nuits

« La lumière naturelle est le premier synchroniseur de l'horloge biologique », a exposé Claude Gronfier, neurobiologiste à l'Inserm, or « 71% des Français passent moins d'une heure par jour à l'extérieur en semaine, c'est très peu ». A l'inverse, deux heures d'exposition par jour à la lumière naturelle fait mieux dormir.

La nuit, près d'un Français sur trois est aussi exposé à une lumière artificielle excessive, venant du domicile ou de l'extérieur, ce qui contrarie la sécrétion de mélatonine, selon le scientifique.

La présence d'écrans est aussi perturbatrice : plus de la moitié des Français interrogés (et les trois quarts des 25-34 ans) dorment avec leur portable allumé, près d'un tiers avec un appareil électronique en marche.

Comme nuisances, le bruit, surtout extérieur, arrive en tête pour plus d'un tiers des Français. Mais les vibrations et notifications des portables jouent aussi : « garder son téléphone allumé près de soi, c'est 15 minutes de sommeil perdues », a résumé Claude Gronfier.

« Quand on dort, le cerveau met en place des filtres mais il est quand même connecté à l'environnement », a expliqué Armelle Rancillac, docteur en neurosciences (Inserm/Collège de France).

Dans une France qui se réchauffe, la chaleur dérange également de plus en plus : 81% des Français disent que les fortes chaleurs ont affecté leur sommeil.

Quant au travail de nuit, en horaires irréguliers ou décalés, il entraîne davantage de troubles du sommeil et de répercussions sanitaires.

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Femmes, précaires et jeunes dorment moins bien

Tout le monde n'est pas égal face au sommeil. Si la génétique explique que l'on soit plus « du matin » ou « du soir », des inégalités sociales et territoriales pèsent.

« Les plus précaires, les femmes et les jeunes adultes » sont ainsi plus nombreux parmi les travailleurs de nuit ou en horaires irréguliers/décalés, a observé l'INSV. Les personnes vivant en appartement ou en ville, surtout les 18-24 ans et les Franciliens, se disent plus exposées aux nuisances sonores ou à la canicule.

Et « les foyers "justes" financièrement cumulent souvent pathologies chroniques, santé mentale plus fragile, insécurité et sommeil de moins bonne qualité », selon l'institut.

Chez les femmes, le sommeil apparaît moindre en quantité et en qualité que chez les hommes.

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/lapnee-du-sommeil-touche-aussi-les-enfants-pensez-y-en-consultation

Si « les variations hormonales jouent certainement », Isabelle Poirot a aussi évoqué une plus forte sensibilité à certains bruits nocturnes, « la charge mentale », « une plus grande fragilité à l'anxiété et la dépression » ou un alignement sur les horaires familiaux.

Avec AFP

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