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L'affaire avait suscité un scandale en 2024 après la publication par la mère, Kwon, d'une vidéo sur YouTube affirmant qu'elle s'était fait avorter à sa 36e semaine de grossesse, après avoir découvert très tard qu'elle était enceinte.
La vidéo, supprimée rapidement après mais dont les captures d'écran ont circulé abondamment sur le net, ont suscité la polémique et conduit à l'ouverture d'une enquête policière.
« Sans avoir vu la lumière du jour »
Le directeur de l'hôpital qui avait ordonné l'intervention chirurgicale a été condamné à six ans de prison et à verser 1,15 milliards de wons (671 135 euros) de dédommagements, tandis que le médecin qui l'avait pratiquée a été condamné à quatre ans, selon un porte-parole du tribunal du district central de Séoul.
Kwon, âgée d'une vingtaine d'années, a également été reconnue coupable de complicité, et a été condamnée à une peine de trois ans de prison avec sursis.
Le tribunal a expliqué la relative clémence de la sentence en indiquant avoir pris en compte les difficultés sociales et économiques que les femmes rencontrent souvent pendant la grossesse, a rapporté l'agence de presse nationale Yonhap.
Les deux médecins ont organisé l'avortement par césarienne avant de placer le bébé dans une chambre froide jusqu'à sa mort.
« La victime est morte dans une chambre froide sans avoir jamais vu la lumière du jour ni pris une seule inspiration à l'extérieur », a déclaré le tribunal dans son verdict, selon Yonhap. « Il est difficile de concevoir la douleur et la peur auxquelles la victime a dû faire face ».
En retard sur le sujet
Jusqu'en 2019, la Corée du Sud faisait partie du petit nombre de pays industrialisés qui criminalisaient encore largement l'avortement, sauf en cas de viol, d'inceste ou lorsque la santé de la mère était en danger.
Mais il y a sept ans, la Cour constitutionnelle a ordonné la levée de cette interdiction vieille de plusieurs décennies, jugeant que la loi de 1953 « va à l'encontre de la Constitution ».
Elle a recommandé que les avortements soient autorisés jusqu'à 22 semaines de grossesse et a ordonné que la loi soit révisée avant la fin 2020.
Mais en raison d'une impasse parlementaire, ces changements n'ont toujours pas été inscrits dans la loi, laissant subsister un vide juridique.
Avec AFP
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