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Selon le média d’investigation, le créateur d’Hippocrate a, entre 2008 et 2020, utilisé sans les créditer, ou sans les rémunérer à hauteur de leur contribution, le travail de plusieurs femmes scénaristes.
L’une d’elles, désignée sous le pseudonyme de Lila, aurait notamment travaillé dès 2009 sur une nouvelle consacrée à un médecin algérien exerçant dans un hôpital parisien sous statut FFI (faisant fonction d’interne), qu’elle aurait alors soumis à Thomas Lilti.
Ce personnage fait écho à l’un des protagonistes d’Hippocrate, film sorti cinq ans plus tard, qui a réuni près d’un million de spectateurs en salles et valu à l’acteur Reda Kateb une distinction pour son interprétation d’un médecin algérien.
D’après Mediapart, Thomas Lilti aurait transmis le texte de Lila à deux coscénaristes en se présentant comme son auteur – ce qu’il a reconnu auprès du média – puis à une société de production, sans mentionner l’autrice.
Contributions contestées
La même Lila aurait également participé au processus d’écriture Médecin de campagne – autre succès du réalisateur sorti en 2016 – sans contrat de coauteur, crédit, ni rémunération.
Thomas Lilti conteste toutefois l’ampleur de ces contributions, qu’il juge « très marginale » sur Médecin de campagne et « minime » sur Hippocrate. Il affirme que « rien » de la nouvelle de Lila ne serait resté dans ce dernier film.
Mediapart rapporte également qu’une autre femme affirme avoir participé dès l’origine à l’écriture de Médecin de campagne, sans être non plus créditée ni rémunérée. Le média évoque aussi trois scènes du film reprises, dialogues compris, d’un documentaire de France 2, paru en 2014.
Tournage sous tension
L’enquête décrit aussi des conditions de travail très dégradées lors de l’écriture de la saison 2 d’Hippocrate. Selon Mediapart, quatre des sept membres de l’équipe d’écriture auraient été évincés au fil de dix-huit mois de travail. Plusieurs scénaristes auraient travaillé week-ends et jours fériés, jusqu’à l’épuisement, avec des malaises, des arrêts de travail et une importante perte de poids pour l’une d’elles.
Thomas Lilti répond ne pas avoir été l’employeur des scénaristes et renvoie vers la société 31 Juin Films, chargée de la production de la série. Il dénonce pour sa part « un groupe de personnes avec lesquelles [il] ne travaille plus », qui aurait selon lui « pour objectif assumé de salir [sa] réputation » et de l’empêcher de tourner une nouvelle saison de la série.
Mediapart révèle par ailleurs un autre conflit impliquant une actrice de la saison 3, avec qui Thomas Lilti aurait alors été interdit d’entrer en contact.
Prescripteur radié
L’autre volet de l’enquête porte sur l’activité médicale de Thomas Lilti. Selon Mediapart, le réalisateur, radié de l’Ordre des médecins en avril 2012 en raison de sa cessation d’activité, a notamment continué à établir des prescriptions à des proches, en utilisant des ordonnances au nom de son père, gynécologue aujourd’hui décédé.
Mediapart cite notamment le cas d’une membre d’équipe blessée au coccyx sur le tournage de la saison 2 de la série Hippocrate en 2020. Thomas Lilti l’aurait examinée et aurait conclu à l’absence de fracture, un diagnostic ensuite contredit par radio.
Le cinéaste s’était aussi porté volontaire pendant la première vague de Covid-19 à l’hôpital Robert-Ballanger d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), une expérience racontée ensuite dans son livre Le Serment, paru en 2021. Selon Mediapart, il aurait été prié de quitter l’hôpital après quelques semaines, faute d’avoir pu fournir la preuve de son diplôme et de son inscription à l’Ordre.
Interrogé par Mediapart sur les prescriptions réalisées après sa radiation, Thomas Lilti récuse l’idée d’avoir agi comme un « charlatan » et dit avoir « avoir aidé dans (…) des personnes qui (lui) ont demandé des ordonnances et des avis à de multiples reprises », répond-il.
https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/frere-de-soin
Dans un autre article publié en parallèle, une femme affirme à Mediapart avoir découvert, sur son ordinateur, plusieurs vidéos d’elle nue, filmées à son insu à l'aide d'un logiciel de caméra espion, alors qu’elle séjournait chez le réalisateur.
Sur certaines images, Thomas Lilti – qui assure au média ne jamais avoir vu ces vidéos – apparaîtrait ainsi en train de lancer puis d’arrêter la caméra.
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