Terra Nova : place aux jeunes !

Haro sur la médecine de ville à grand-papa

Le think tank Terra Nova a publié une note intitulée « Médecine de ville : le pari de la jeunesse ». Dedans, il y dénonce notamment l’absence de représentation des jeunes et futurs médecins dans les décisions sur l’exercice qui, pourtant, les concernent en premier lieu.

« On ne les considère pas comme des adultes ». Le constat de Terra Nova est sévère, mais semble plutôt juste. Les jeunes et les futurs médecins ne sont pas impliqués dans les négociations sur les politiques de santé, et font difficilement entendre leur avis sur l’exercice libéral de la médecine.

Dans un rapport publié ce lundi, « Médecine de ville : le pari de la jeunesse », le think tank aborde un sujet sensible, en recommandant de mettre en place des systèmes représentatifs visant à les inclure dans les décisions. Pour l’instant, les étudiants, les internes, les chefs de clinique et les remplaçants (qui représentent 12 000 médecins) en sont totalement exclus.

Le salariat qui libère

Or, les jeunes médecins ont des pratiques et des aspirations différentes de leurs aînés, rappelle Terra Nova. Ils veulent un meilleur équilibre entre vie privée et vie professionnelle, et regrettent certains freins à l’installation en libéral.

Ils craignent la charge administrative, la responsabilité juridique, le délai de carence de 90 jours en cas de maladie, les difficultés en cas de grossesse pour les femmes, dont la part ne cesse de grimper dans la population médicale… Ils seraient donc plus attirés par l’exercice en groupe mais surtout le salariat, mal défendu – si ce n’est combattu – par les principales organisations syndicales.

Les jeunes au pouvoir

Pour inclure ces jeunes et leurs revendications dans les négociations conventionnelles, Terra Nova propose d’« étendre le droit de participation aux élections [URPS] aux remplaçants, ainsi qu’aux professionnels dans leurs dix premières années d’exercice ». Tous les professionnels « qui exercent au moins 30 % de leur activité comme libéral » auraient aussi leur voix au chapitre, afin de soutenir le développement de l’activité mixte.

Autre piste évoquée, la création d’un collège « futurs et jeunes médecins » au sein des URPS. « Cette solution permettrait d’intégrer non seulement les professionnels dès leurs premières années d’exercice mais aussi les médecins en formation », précise Terra Nova.

Ils arrivent !

En mai 2017, la Drees (1) a évalué l’évolution de la démographie des médecins. La baisse du numerus clausus entre les années 1980 et 2000, suivie d’une nouvelle hausse, aura pour effet un rajeunissement de la population de médecins. Depuis 2013, la baisse s’est déjà amorcée, avec 8 000 jeunes médecins sur le marché chaque année. L’âge moyen des médecins était alors de 51 ans. En 2040, d’après les projections, il devrait s’établir entre 45 et 46 ans.

Il serait donc temps de penser aux jeunes, qui vont prendre de l’importance dans la pratique. Le syndicat ReAGJIR (2), comme d’autres organismes représentatifs de jeunes et futurs médecins, avait déjà dénoncé, en 2016 le « fossé de plus en plus béant entre des médecins bientôt retraités et une nouvelle génération qui ne se reconnaît plus dans ces modes d’exercices dépassés ».

À la suite de la publication de la note de Terra Nova, dans un communiqué de presse, il « salue une analyse et des mesures en phase avec ses attentes ».

(1) Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques. 

(2) Regroupement Autonome des Généralistes Jeunes Installés et Remplaçants.

Crédits photo : Star Wars : Episode VII – The Force Awakens (Lucasfilm/Walt Disney Studios)

Source: 

Jonathan Herchkovitch

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