SOPK : un diagnostic encore trop approximatif ?

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Première cause d’infertilité féminine, le SOPK reste largement sous-diagnostiqué. Sur deuxiemeavis.fr, 62 % des seconds avis diffèrent du premier, révélant de fortes incertitudes dans la prise en charge.

SOPK : un diagnostic encore trop approximatif ?

© iStock

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) est la première cause d’infertilité féminine. Il toucherait 1 femme sur 10 en âge de procréer, mais reste largement sous-diagnostiqué : l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que 70 % des femmes atteintes ne seraient pas diagnostiquées.

Un chiffre qui résonne avec l’actualité politique. Le 5 février, le gouvernement a présenté un plan de lutte contre l’infertilité, dans un contexte de baisse de la natalité. Parmi les 16 mesures, l’exécutif annonce vouloir améliorer « le diagnostic du syndrome des ovaires polykystiques (SPOK), pathologie fortement associée à l’infertilité, encore insuffisamment diagnostiquée ».

Des données publiées par deuxiemeavis.fr, plateforme de deuxième avis médical, montrent l’ampleur des divergences entre médecins.

Des chiffres alarmants

Selon les données 2024-2026 de deuxiemeavis.fr, le SOPK concerne principalement des femmes jeunes : 96 % des demandes d’avis proviennent de femmes de moins de 35 ans.

Le chiffre le plus marquant concerne la discordance médicale. Sur la plateforme, 62 % des avis spécialisés divergent du premier avis rendu, l’un des taux les plus élevés parmi les pathologies traitées selon deuxiemeavis.fr.

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/une-piste-autour-de-loestradiol-pour-percer-le-mystere-du-sopk

Dans le détail, 47 % des seconds avis conduisent à demander des examens complémentaires pour confirmer le diagnostic, 27 % confirment le diagnostic initial tout en le précisant, 5 % aboutissent à un diagnostic différent et, dans 8 % des cas, le spécialiste pose un premier diagnostic alors qu’aucun n’avait été formulé auparavant. 

Un défaut de prise en charge

Les divergences ne concernent pas seulement le diagnostic, mais aussi le traitement. Dans 35 % des cas, le spécialiste demande des examens complémentaires pour adapter la prise en charge et, dans 14 %, il propose un traitement différent.

Deuxiemeavis.fr rapporte que certains spécialistes du SOPK évoquent un manque de rigueur dans la prise en charge : diagnostics posés sur des bases biologiques insuffisantes, échographies pelviennes mal interprétées.

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Sur la plateforme, les demandes des patientes portent principalement sur trois sujets : la fertilité, les aspects métaboliques, et un diagnostic jugé mal compris. La stratégie thérapeutique varie fortement selon l’objectif : contraception, désir de grossesse, ou prise en charge globale.

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