Réussir son installation en temps de Covid, mode d’emploi

Sous l’Arche de la Défense, une dizaine de jeunes médecins s’étaient donné rendez-vous pour assister à un atelier animé par deux généralistes de ReAGJIR. Là, dans une salle qui tremble à chaque passage de métro, Agathe Lechevalier et Clément Menigoz ont distribué des conseils pour réussir son installation en libéral. 

S’installer seul ou à plusieurs. Reprendre un cabinet ou en fonder un. Dans tous les cas, s’installer en libéral nécessite du matériel. “On est en période de pandémie, certains médecins attendent toujours d’être livrés. C’est à prendre en compte”, commence Clément Menigoz, installé depuis bientôt un an dans la région bordelaise. Un masque sur le nez, une chemise bleue, il détaille d’une voix douce les démarches administratives à faire en amont, les études de marché pour savoir où s’implanter. Viennent ensuite les conseils distribués et les mises en garde.
 

Quand s’installer ?

 
Après sa thèse, oui, mais surtout “quand vous êtes prêt”, souligne Agathe Lechevalier, installée depuis deux ans dans la région de Toulouse. Avoir une première expérience en remplacement peut aussi s’avérer très utile. “À titre personnel, en faisant des remplacements, j’ai découvert que je ne souhaitais pas partager le même bureau qu’un autre médecin, raconte Clément Menigoz. Ranger ses affaires chaque jour pour laisser le bureau à un confrère, ça ne me convient pas.” Lui conseille aussi de s’installer, si possible, en début d’année pour faciliter la comptabilité. “S’il y a un point que vous devez retenir, souligne Agathe Lechevalier, c’est que vous êtes indépendants. C’est donc vous qui voyez quand, comment et à quel rythme vous souhaitez travailler.”
 

Combien ça coûte ?

 
Face à la salle, les deux médecins insistent sur la nécessité de s’équiper en amont de l’ouverture du cabinet. “C’est vous qui voyez ce que vous voulez acheter en priorité mais commencer les premières consultations sans table d’examens, bon courage ! ”, lâche-t-il. Lui explique qu’entre l’achat du mobilier, du matériel informatique et des salaires à payer pour la comptabilité ou la personne qui gère le ménage, son installation lui a coûté entre 5.000 et 10.000 euros, avec une partie en leasing. De son côté, Agathe Lechevalier parle d’un coût estimé entre 15.000 et 20.000 euros, sans location de matériel. 
Il est aussi possible de racheter une partie du matériel déjà sur place, lors d’une reprise de cabinet. En revanche, ce n’est pas le cas pour la patientèle. “On ne rachète pas une patientèle, ne vous faites pas avoir, avertit Clément Menigoz. Les gens sont libres de choisir leurs médecins traitants. Rien ne vous garantit que les patients de votre prédécesseur resteront avec vous.”
 

Quel statut ?

 
Face aux changements des attentes des patients comme des médecins, de plus en plus de généralistes s’installent en association ou en collaboration. La grande différence entre ces deux statuts va résider dans l’implication et les responsabilités de gestion du cabinet médical. L’association implique plus d’investissement que la collaboration. “Dans tous les cas vous êtes libres, conclut Clément Menigoz. Lisez bien les contrats, demandez si vous ne comprenez pas un point. Mais surtout, ne vous laissez rien imposer. C’est à vous de choisir quel exercice vous voulez avoir de la médecine, dans quelles conditions et avec qui.”
 
 

Portrait de Elodie HERVE

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