Rencontre avec Pierre De Haas, le prophète des maisons de santé

Les candidats en rêvent, il les fait

L’idée à la mode, pour lutter contre les déserts médicaux, ce sont les maisons de santé pluri-professionnelles (MSP). Un engouement qui fait sourire le Dr Pierre De Haas. Ce généraliste, pionnier de l’exercice regroupé, a longtemps présidé la Fédération française des maisons et pôles de santé (FFMPS) et a pas mal écrit sur le sujet. Il est en train de lancer Espage, une nouvelle société qui propose des solutions concrètes pour aider les professionnels à s’installer ensemble.

What’s up Doc. Les candidats à la présidentielle semblent n’avoir que les initiales « MSP » à la bouche. Qu’est-ce que ça vous fait ?

Pierre De Haas. Ça me fait plaisir (rires) ! Il y a dix ans, nous n’étions que quelques-uns à porter l’idée des MSP. Aujourd’hui, près de 20 % des professionnels de santé travaillent de cette manière. On a enfin compris qu’on ne peut pas affronter les maladies chroniques si les soignants sont isolés.

WUD. Croyez-vous aux belles paroles des politiques ?

PDH. Les politiques ont été suivistes. Quand nous avons parlé des MSP, ils nous ont dit que nous étions modernes, mais n’ont pas vraiment engagé les moyens économiques nécessaires à les développer. Maintenant qu’ils sont acquis à l’idée, ils doivent réellement nous accompagner.

WUD. Justement, avec Espage, votre nouveau projet, vous proposez vous-même un accompagnement concret pour ceux qui veulent monter leur MSP. De quoi s’agit-il ?

PDH. Dans la profession, il y a beaucoup de gens qui n’ont pas forcément envie de faire l’entretien annuel de la secrétaire, de changer les néons de la salle d’attente, de passer un dimanche à étudier le système d’information… Pour les débarrasser de ces tâches qui ne relèvent pas de leur métier, nous leur proposons de prendre à notre nom tous les contrats de la MSP, du secrétariat à l’électricité en passant par le loyer ou l’informatique.

WUD. Quel est le modèle économique ?

PDH. Les MSP qui feront appel à nous nous verseront un prix de journée.

WUD. Où en est le projet actuellement ?

PDH. Nous partons de l’expérience de Facilimed, une société avec laquelle nous avons accompagné 80 MSP au cas par cas sur des sujets comme la mise en place d’un poste de coordinateur, l’audit du secrétariat… Pour ce qui est d’Espage, notre objectif est d’accompagner une nouvelle MSP par mois. Et nous voudrions même parvenir à porter la phase de création d’une MSP : renforcement de l’équipe, recherche de financements, projet immobilier…

WUD. N’avez-vous pas peur de dénaturer l’esprit des MSP en favorisant une forme de désengagement entre les professionnels et leur projet ?

PDH. Non. Espage ne s’immiscera en aucun cas dans la gouvernance des structures. Ce n’est pas nous qui allons décider si une MSP doit s’engager dans la télémédecine, par exemple. Nous proposons simplement un service sur des choses dont beaucoup aimeraient se débarrasser.

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Propos recueillis par Adrien Renaud

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