Réforme de la T2A : Agnès Buzyn se lance !

Bon courage à elle

À deux reprises la semaine dernière, la ministre de la Santé a annoncé vouloir revoir le système de tarification des hôpitaux et ses « effets pervers ». Elle souhaite réduire la part de T2A de moitié, alors que celle-ci compte aujourd’hui pour la quasi totalité du modèle de financement des hôpitaux.

« Les établissements se battent pour des parts de marché ». Au cours d’un entretien accordé au Quotidien du Médecin et publié il y a quelques jours, Agnès Buzyn a officiellement affiché sa volonté de réformer la T2A, dont les « effets pervers » surpassent les avantages. « Nous sommes arrivés au bout d’un système », a-t-elle estimé, comme à plusieurs reprises depuis son arrivée au Gouvernement.

Elle propose de diversifier les modèles, en précisant uniquement que seraient envisagés la rémunération au forfait ou au parcours de soins. La T2A ne devrait néanmoins pas disparaître : la ministre a annoncé que sa part serait réduite à 50 %.

Réforme dans l’actu

La réforme de la T2A n’est pas simplement une histoire de financement. Deux sujets récurrents dans l’actualité ont sans doute précipité la volonté de réforme. La pertinence des soins, d’une part, évoquée par un rapport de la FHF en novembre, mais surtout les conditions de travail des personnels soignants, mis en lumière par plusieurs affaires, notamment au CHU de Grenoble.

En un an, l’établissement a vu l’un de ses médecins démissionner, un neurochirurgien se suicider et deux pédiatres dénoncer dans une lettre ouverte un « harcèlement économique », reprochant à leur direction de les pousser à choisir des actes rémunérateurs et à limiter la durée de leurs consultations.

Tout est à faire ?

Il faut « transformer le modèle de financement de l’hôpital pour qu’il ne pousse pas à une activité démesurée », a déclaré Agnès Buzyn. Mais la tâche s’annonce complexe. « Quand je suis arrivé dans mon ministère, aucun modèle alternatif n’avait été travaillé », a-t-elle souligné vendredi dernier sur Europe 1.

Il faudrait tout de même regarder les dossiers d'un peu plus près ! Olivier Véran avait été chargé par Marisol Touraine de proposer une évolution des modalités de financement des établissements de santé. Il avait alors formulé des propositions d’adaptation de la T2A, mais aussi une évolution vers de nouveaux modes de financement.

Associer ville et hôpital

Son rapport préconisait d’associer plusieurs modes de rémunération « pour favoriser la transition épidémiologique ». Il gardait ainsi une part de T2A pour des activités standardisées dont les « coûts de production sont évaluables et prévisibles ». Les épisodes de soins pour les actes chirurgicaux lourds ou les soins médicaux aigus nécessitant une prise en charge en amont et en aval, ainsi que les parcours de soins pour les maladies chronique, impliquant tous trois une coordination ville-hôpital, passeraient par des financements qui relèvent du forfait.

Agnès Buzyn annonce vouloir travailler en 2018 à l’évolution des tarifs, petit bout par petit bout. Elle appelle les professionnels de santé à s’investir à ses côtés « pour transformer l’hôpital et pour qualifier les bonnes pratiques, de manière à les valoriser ».

Source: 

Jonathan Herchkovitch

Portrait de La rédaction

Vous aimerez aussi

Depuis peu, l’ANSSI propose des parcours de cybersécurité aux établissements de santé. L’objectif ? Les accompagner pour les aider à mieux résister...

L’ordonnance est claire. À partir du 1er janvier 2022, l’activité mixte et l’activité libérale intra-hospitalière se verront assouplies. Des...

Presse auscultée. Agent d’entretien, agent administratif, agent de sécurité ou encore standardiste… Depuis le début de la crise il y a un an, ils...

Le gros dossier

 

Le magazine What’s Up Doc est édité par l’agence Planète Med.