Rapport Mesnier : syndicats mitigés, twittos enflammés

Les MG se rebiffent

Le rapport du député des Charentes Thomas Mesnier sur l’organisation des soins non programmés a suscité une vague de réactions. Modérément critiques de la part de la plupart des syndicats libéraux, mais déchaînées sur Twitter.

Missionné par la ministre de la Santé, le député LREM des Charentes Thomas Mesnier, médecin urgentiste de formation, a rendu son rapport le 22 mai. Il y fait 19 recommandations visant à améliorer la prise en charge des soins non programmés.

Responsabilité des médecins pour la prise en charge sur leur territoire, labels pour les initiatives des professionnels de santé et les centres de soins, instauration de demi-journées dédiées aux soins non programmés, renforcement des financements, régulation médicale téléphonique via un numéro unique, revalorisation de la visite… Certaines propositions passent, d’autres beaucoup moins !

Mouais, pas mal…

Les syndicats n’ont pas tardé à se positionner, avec des réactions éclectiques. Sauf sur un point : le regroupement des numéros d’appels médicaux vers un numéro unique, le 15, ne convainc personne. Tous semblent d’accord pour proposer un numéro de soins ambulatoires et non programmés, le 116 117. « Un numéro dédié aux soins relevant de la médecine générale aux horaires de PDSA destiné à soulager le 15 qui devait être réservé aux urgences vitales », précise le syndicat des médecins libéraux (SML).

Le syndicat salue en revanche quelques propositions, comme celle visant à favoriser la coordination au sein des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), ou de pénaliser financièrement les patients qui se rendent aux urgences hospitalières sans adressage. Bilan du SML : plutôt pas mal.

Pas très sérieux

La Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) monte d’un ton critique. « Certaines recommandations vont dans le bon sens, comme la nécessité de soutenir les professionnels de santé qui s’engagent dans la réponse aux premiers soins », admet-elle dans un premier temps, avant de se lancer. Elle précise que la proposition visant à inscrire dans la loi un principe de responsabilité territoriale en matière de prise en charge des premiers soins ne passera pas, si elle consiste en un retour déguisé de l’obligation individuelle de garde.

Du côté de MG France, un palier de plus est franchi. « Le traitement du Dr Mesnier ne va pas soigner notre système de santé », titre le syndicat dans un communiqué. Une petite adhésion quand même, sur la revalorisation de la visite à domicile. La suite est moins agréable. Il estime que les recommandations 5 et 6, qui permettraient aux « médecins d’une organisation de soins non programmés labellisée par l’ARS d’être considérés comme le médecin traitant du patient le consultant » et aux maisons de santé de « recourir sur place à l’imagerie et à la biologie » reviendraient à contourner le médecin traitant. MG France pense que ce serait une « erreur majeure », notamment en termes de dépenses de santé.

C’est la guerre

Et puis, place à l’UFML-S ! Elle propose un « retour sur le rapport hors-sol de Thomas Mesnier en un thread » sur Twitter. Bien acide, comme son président sait le faire ! Il y démonte à peu près toutes les propositions.

Si ces syndicats – UFML-S exclu – semblent maîtriser la méthode Macron de la caresse et du soufflet pour faire valoir leurs revendications, sur Twitter, le ton est bien moins cordial. Disons le franchement : les MG se déchaînent, anonymes comme habitués des réseaux sociaux. La critique devient parfois personnelle, contre Thomas Mesnier, seulement 32 ans, à qui il est reproché de ne rien connaître à la médecine générale, par son statut d’urgentiste, mais surtout sa désertion de la pratique au profit de la politique.
« Le mec qu’on a chargé du rapport sur l’organisation des soins en France et qui touche pas terre, a été élu député à 31 ans et EN PLUS est urgentiste. Il a pas du en soigner des masses des urgences depuis son diplôme non ? », note ainsi Doc Arnica. Et pour terminer, What’s up Doc vous conseille le monologue de Christian Lehmann, qui se termine par un sympathique « VA FAN CULO ». Et en majuscules, s’il vous plaît !
Source: 

Jonathan Herchkovitch

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