PTMG, PTMR, PTMA, PIAS : vers une simplification des contrats d'installation pour jeunes médecins

Dans un rapport remis hier le 16 septrembre à Agnès Buzyn, le Dr Sophie Augros propose la refonte des 4 contrats d’aide à l’installation existants (PTMG, PTMA, PTMR et PIAS*) en un seul, le contrat de praticien territorial. Objectif : redonner de la lisibilité à des dispositifs qui s’empilent depuis des années et inciter plus de jeunes à sauter le pas de l’installation. 

« Quand on demande aux étudiants en médecine s’ils savent qu’il existe des aides à l’installation, la majorité répond « Non ». Et ceux qui répondent « Oui » ne savent pas dire lesquelles… », témoigne le Dr Sophie Augros, ancienne présidente de ReAGJIR, qui a planché plus de six mois sur le sujet avant de finaliser son rapport d’évaluation.
 
Le bilan du contrat le plus signé parmi les 4 contrats de financement étatique mentionnés ci-dessus, celui de praticien territorial de médecine générale (PTMG), est en demi-teinte. En six ans (création en 2013), il a été signé par seulement 1208 jeunes médecins.  Pourquoi ? « Il est peu connu, comme les autres contrats d’aide à l’installation. En tout, on estime qu’environ 10% de jeunes médecins éligibles ont signé l’un de ces contrats », déplore le Dr Augros.
 
Les simplifier est logiquement la priorité. « Lors de nos discussions, les représentants des jeunes médecins ont clairement dit leur besoin d’une aide substantielle et lisible en début d’exercice, notamment pour se rassurer sur ce grand saut dans l’exercice libéral », indique la rapporteuse. Un bon point que ce coup de pouce financier, même si les études successives * sur le sujet ont bien montré que les déterminants à l’installation sont multiples (cadre de vie, emploi du conjoint, services publics…).
 

Vers un contrat unique de début d’exercice ?

D’où la proposition d’un contrat unique ouvert non plus aux seuls généralistes mais aussi à d’autres spécialités médicales, aux médecins non encore installés (ou installés depuis moins d’un an en zone sous-dense), ainsi qu’aux étudiants ou médecins exerçant en tant que remplaçants.

Ce contrat d’une durée de deux à trois ans offrirait une garantie de revenus la première année, sur la base d’un plafond de rémunération fixé à 6900€ bruts par mois, comme le prévoit l’actuel PTMG, mais qui pourrait être proratisé en fonction du nombre de journée d’exercice. Une façon d’encourager l’exercice mixte. Les années suivantes, le signataire bénéficierait d’une couverture sociale et d’un accompagnement.

En contrepartie, le jeune médecin s’engage à exercer en secteur 1 dans le cadre d’un exercice coordonné. Et une participation à la permanence des soins ambulatoire (PDSA) devrait lui être demandée. « Cela ne devrait pas rebuter les signataires car c’est déjà une contrainte existante dans les contrats proposés par l’Assurance maladie (environ 3000 contrats conventionnels signés) », souligne le Dr Augros.
La ministre de la Santé semble très pressée de booster l’installation des jeunes médecins. Et de remplir les tableaux de garde. Un meilleur maillage de l’offre de soins en médecine libérale est en effet l’un des leviers pour désengorger l’hôpital et les Urgences. Remis aujourd’hui à la ministre, ce rapport devrait se traduire par un article dans la LFSS 2020, pour un décret et une mise en place attendue dès le premier semestre 2020. 
* PTMG : praticien territorial de médecine générale. PTMA : praticien territorial de médecine ambulatoire. PTMR : praticien territorial médical de remplacement. PIAS : praticien isolé à activité saisonnière.  
 
 
 
 
 

Portrait de Sophie Cousin

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