Profession, médecin : Un « creux démographique » d’au moins dix ans

Le creux démographique des médecins ne sera résorbé qu’en 2035. C’est l’un des enseignements inquiétants qui ressort de l’étude de la Drees sur l’état des effectifs médicaux en France.

Les années filent. Les médecins, aussi. D’après une étude de la Drees, le nombre de médecins en France devrait décroître jusqu’en 2024 pour ne retrouver son niveau actuel qu’à l’horizon 2030.

Face au vieillissement de la profession qui souffrent encore des faibles numerus clausus imposés dans les années 90, le nombre de médecins en France devrait culminer à 209 000 dans trois ans. C’est 2,7 % de moins que les niveaux actuels. Un bilan inquiétant qui n’étonne pas le Président de MG France. « Nous sommes déjà dans un creux démographique. Simplement, nous n’avons pas fini de creuser », commente Jacques Battistoni.

À partir de 2024 cependant, la courbe démographique devrait de nouveau augmenter. « Les effectifs projetés des médecins augmenternt légèrement entre 2024 et 2030 », détaille la DREES. Et d’ajouter : « Puis de façon plus importante, à la suite notamment de la fixation d’un nombre d’entrants en deuxième année de formation sur la période étudiée plus élevé, correspondant aux numerus clausus observés sur la période récente ».

Un nouveau souffle de la profession qui ne lui permettra cependant pas de se reposer. Et pour cause, il n’y a pas que les médecins qui prennent de l’âge… Les Français, aussi ! Si l’on prend en compte les besoins croissants en soin de la population vieillissante, le creux démographique observé dans les rangs des médecins ne sera résorbé qu’en 2035. « C’est ce qu’on appelle la densité standardisé », commente sobrement le Président.

Ces épreuves traversées, les effectifs projetés s’inscrivent ensuite dans une tendance plus rassurante. « Ils augmentent de 18 % par rapport au niveau actuel à l’horizon 2040 et de 36 % à l’horizon 2050, avec 292 000 médecins en activité projetés à cette date », détaille la DREES.

La médecine générale libérale doit se réinventer

Pour Jacques Battistoni, l’ordonnance est claire. Pour faire face à ce creux démographique, la médecine généraliste doit se réinventer. « Il faut se préparer », assure le Président. À l’ordre du jour donc ? L’inventivité de la profession. Une ligne de conduite qui s’illustre déjà depuis 2017 en Saône-et-Loire au travers de la création de centres de santé départementaux qui salarient une ribambelle de médecins. « D’autres départements se sont emparés de l’idée », commente Jacques Battistoni. Une prescription pour faire face à la pénurie de médecins qui pourrait également s’accompagner de nouvelles modalités dans la pratique quotidienne de la médecine. « Diagnostic, prise de décision, accompagnement du patient… Il faut tout faire pour que le médecin puisse se concentrer sur ce qui fait véritablement sa valeur ajoutée », assure Jacques Battistoni. Outre le numérique, cet objectif ambitieux pourrait s’appuyer sur le développement de « l’équipe du médecin généraliste » chargée de prendre en charge les questions administratives d’un cabinet. « Il y a la comptabilité, la gestion du cabinet ou encore celle du personnel », énumère celui qui est convaincu qu’un médecin généraliste « ne peut plus » et « ne doit plus » exercer seul.

 

Portrait de Julia Neuville

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