Primaire de la gauche : les libéraux boudés

Les candidats ont choisi leur camp

En matière de santé, les propositions des candidats à la primaire de la gauche n’ont pas grand-chose pour plaire aux médecins libéraux. Les hospitaliers peuvent en revanche se frotter les mains.

Entre le « grand plan médecine libérale 2020 » de Nicolas Sarkozy et les positions de François Fillon en faveur d’une augmentation de la rémunération des libéraux, la médecine de ville avait pris l’habitude d’être choyée pendant la primaire de la droite. Avec celle de la gauche, Il va falloir s’habituer à entendre des paroles moins agréables. Les candidats à l’investiture de la « Belle alliance populaire » ne font en effet pas grand-chose pour s’attirer les grâces du secteur privé.

En proposant d’en finir avec les dépassements d’honoraires, c’est Manuel Valls qui a certainement sorti la proposition la plus « poil-à-gratter » pour les libéraux. « La pratique des dépassements d’honoraires constitue une brèche dans notre système de santé : il nous faut résolument le combler », indique notamment l’ancien Premier ministre dans son programme.

Sus à Valls !

Que le candidat veuille atteindre ce but par une « convergence tarifaire progressive vers un tarif unique et opposable », et donc par une augmentation des tarifs de base, ne change rien à l’affaire du point de vue des syndicats de libéraux. Ceux-ci ont pris la mouche et se sont levés comme un seul homme pour dénoncer Manuel Valls.

« La CSMF s’oppose à la diabolisation du secteur 2 dont l’existence n’est que la réponse au désengagement de l’Assurance maladie dans le remboursement des soins », écrivait par exemple le Dr Jean-Paul Ortiz, président du principal syndicat de libéraux, dans un communiqué publié mercredi.

Vive le TPG ! Vive le conventionnement sélectif !

Mais quand il s’agit de prendre les libéraux à rebrousse-poil, Manuel Valls est loin d’être seul sur le créneau. « Je veillerai à consolider et étendre le tiers payant », indique par exemple le projet de Vincent Peillon. Sur la question des déserts médicaux, Arnaud Montebourg propose pour sa part « que l’on salarie des médecins et que la sécurité sociale crée des dispensaires publics en complément des maisons de santé déjà existantes ».

Benoît Hamon semble quant à lui puiser l’inspiration directement dans les tentatives législatives du député centriste Philippe Vigier, qui avaient fait l’unanimité de la profession contre elles en leur temps. L’ex-ministre de l’Éducation nationale propose en effet de repeupler les déserts « en retirant le conventionnement aux médecins qui s’installent en zone surdotée ».

Médecine hospitalière, mon amour

Les oreilles des libéraux vont donc siffler au moins jusqu’au scrutin, prévu les 22 et 29 janvier prochains. Mais pas celles des hospitaliers, pour lesquels les candidats ont les yeux de Chimène. C’est même un véritable concours de beauté. Arnaud Montebourg promet la « création de 5000 postes hospitaliers ». Manuel Valls entend pour sa part « faire de la qualité de vie au travail un des chantiers prioritaires de l’hôpital public ». Quant à Vincent Peillon, il assure qu’il « donner[a] à l’hôpital public les moyens de ses missions ».

Bref, entre la ville et l’hôpital, les candidats de la Belle alliance populaire ont choisi leur camp. Au moins jusqu’au 29 janvier. Après, il faudra conquérir un public plus large, et les propositions pourraient bien évoluer.

Source: 

Adrien Renaud

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