© Guy Vallancien LinkedIn / iStock
Dans une tribune publiée lundi par Les Echos, le chirurgien propose de mettre fin à la liberté d’installation des médecins et au paiement à l’acte, « deux totems d’une médecine dite “libérale” qui ne l’est plus depuis qu'elle est conventionnée ».
Selon lui, ce modèle ne permet plus de répondre aux besoins du système de santé, notamment en matière de répartition territoriale des praticiens.
La liberté d’installation « obère la répartition harmonieuse des médecins dans les territoires », estime-t-il, plaidant pour une régulation géographique comparable à celle existant pour les pharmaciens ou les infirmiers.
« Pourquoi dérogeraient-ils à l’obligation géographique et populationnelle de bon sens », interroge-t-il, ajoutant que les médecins réfractaires pourraient exercer « hors du système conventionnel ».
Sur le plan économique, Guy Vallancien juge les honoraires à l’acte « inflationnistes ». Il propose de les remplacer par une rémunération fondée sur la capitation et des contrats à la demi-journée d’exercice, afin que les médecins effectuent seulement « les seuls actes pertinents tout en les plaçant là où les besoins sont ».
Réorganisation globale du système de soins
Au-delà de ces mesures, l’académicien appelle à une refonte plus large du système de santé, qu’il considère comme désorganisé malgré un effectif global important.
Plus de 2 millions de professionnels participent aujourd’hui aux soins en France, rappelle-t-il, estimant qu’il n’existe « nulle raison de s’inquiéter d’une pénurie » à condition de revoir l’organisation.
L’urologue décrit un système « obèse », marqué par une multiplication des structures et des centres de décision, ainsi que par des règles administratives qu’il juge inadaptées. Il pointe également une « dualité public-privé délétère » et des outils numériques « mal adaptés ».
Pour y remédier, Guy Vallancien propose la création de véritables systèmes régionaux de prévention, de soins et de réadaptation, réunissant l’ensemble des professionnels de santé, avec une évaluation annuelle par l’État.
Plus de partage de compétences
Il plaide aussi pour une nouvelle « hiérarchie » des soins, dans laquelle les infirmiers prendraient en charge les pathologies bénignes, avec capacité de diagnostic et de prescription, tandis que les médecins généralistes deviendraient des « maîtres d’œuvre » de l’équipe soignante, et non plus des « prescripteurs à tout-va ».
Selon lui, le recours systématique au médecin « ne tient plus la route » à l’ère des outils numériques d’aide à la décision.
Enfin, il anticipe une montée en puissance de l’hospitalisation ambulatoire et à domicile, rendue possible par les progrès médicaux, et appelée à réduire les capacités d’hospitalisation complète.
https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/le-medecin-de-demain-quel-poste-dans-la-team-soins
Dans cette tribune, Guy Vallancien appelle les candidats à l’élection présidentielle à dépasser les « poncifs habituels » et à affronter « les lobbys et les vieilles habitudes tenaces », pour transformer un système qu’il juge « au bord de l’asphyxie ».