Pas de départs volontaires dans les hôpitaux

Quoi qu’en pense la Cour des comptes !

Dans un tweet, la ministre de la Santé a affirmé que le plan de départs volontaires annoncé par Gérald Darmanin le 1er février dernier ne concernera pas les hôpitaux. Au contraire, elle souhaite relancer les recrutements.

C’était une promesse du candidat Macron. Le plan pour supprimer 120 000 postes dans la fonction publique est lancé. Lors d’une conférence de presse organisée le 1er février, Gérald Darmanin, le ministre de l’Action et des Comptes publics, a annoncé qu’un plan de départs volontaires pour les fonctionnaires serait « étudié », en concertation avec les organisations syndicales. Et seulement dans certains secteurs d’activité.

Petit coup de chaud sur les hôpitaux, qui redoutent toujours d’être amputés d’une partie de leurs effectifs, déjà insuffisants. Mais ce mercredi matin, sur son compte Twitter, Agnès Buzyn s’est voulue rassurante, en affirmant vouloir les garder au chaud. « Le plan de départ volontaire ne concerne pas la fonction publique hospitalière », a-t-elle affirmé, avant d’ajouter qu’« au contraire, ce que nous voulons, c'est recruter ».

On les fait où, les économies ?

Pas de plan de départs, on veut bien le croire. Des recrutements, un peu plus difficile de l’imaginer. Ou alors, pas dans les conditions actuelles. Dans le plan de suppression de postes de fonctionnaires prévu par l’exécutif trône l’idée d’en remplacer une partie par des contractuels, embauchés dans des conditions similaires aux employés du privé. La fonction publique hospitalière pourrait aller dans ce sens. Elle en compte déjà plus de 20 % dans ses rangs, contre 8 % il y a 20 ans.

Mais pour recruter, encore faut-il en avoir les moyens. L’Objectif national des dépenses d’assurance maladie (Ondam) dérive, et le gouvernement souhaitait resserrer l’étau en 2018 en réalisant près de 4 milliards d’euros d’économies. Pas évident, surtout que les contractuels compensent généralement des garanties sur la pérennité de leur emploi plus faibles par des salaires plus élevés que leurs homologues fonctionnaires…

La Cour des comptes rôde

Les hôpitaux devront-ils se débrouiller seuls pour dégager des financements pour de nouveaux postes ? La tâche s’annonce, là encore, compliquée. La Cour des comptes recommandait en juin dernier de ne pas remplacer un tiers des départs à la retraite dans la fonction publique hospitalière.

Elle en remet une couche, ce mercredi. Dans son rapport annuel, elle alerte sur le poids de la dette des hôpitaux. Car, si elle s’est légèrement réduite pour se stabiliser sous les 30 milliards d’euros, leur capacité d’autofinancement s’est fortement réduite, la rendant « plus lourde à supporter pour les établissements », estiment les magistrats.

Or, dans les hôpitaux publics, la masse salariale représente entre 60 et 85 % des dépenses totales, d’après la Direction générale de l’offre de soins (DGOS). Difficile donc de l’augmenter sans impacter fortement le déficit budgétaire des hôpitaux. Il va bien falloir aller racler les fonds de tiroir quelque part…

Photo : Stijn Nieuwendijk/Flickr

Source: 

Jonathan Herchkovitch

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