Parcour'Sup : les CCA mobilisés

Ils vont bien s'amuser

Les chefs de clinique-assistants sont mobilisés pour étudier et noter les dossiers des futurs bacheliers inscrits via Parcour’Sup. Une charge de travail supplémentaire qui ne plaît pas du tout au SCCAHP.

La grande révolution Parcour’Sup est là… et ne passe pas du tout. Moins concernées que d’autres filières dans le mouvement lycéen et universitaire qui s’oppose à la réforme de l’admission post-bac, les facultés de médecine commencent néanmoins à se joindre à la fête. Et comme pour beaucoup d’autres, c’est surtout au niveau de la sélection que ça coince.

Car, comme pour toutes les filières, les universités ont reçu les dossiers des candidats, qui doivent être notés en fonction des « attendus ». Et qui va se charger d’évaluer ? Les Chefs de clinique assistants (CCA), of course !

20 dossiers par jour

Résultat, dans certaines UFR parisiennes : 200 dossiers à traiter en une dizaine de jours ouvrés ! Le tout, bien sûr, sans qu’une organisation particulière n’ait été mise en place.

Dans un communiqué envoyé le 10 mai, le Syndicat des chefs de clinique assistants des hôpitaux de Paris (SCCAHP) s’insurge contre l'implication des CCA et alerte contre les « conditions désastreuses » dans lesquelles l’analyse sera faite. « Ce travail supplémentaire a été imposé en toute hâte et sans concertation », et « aucune formation n’a été dispensée », ajoute-t-il.Le SCCAHP déclare qu’un simple mail avec des critères  d’évaluation « excessivement succincts et subjectifs » a été envoyé.

Allez, fais pas le feignant…

Alors que le syndicat refuse d’être associé à une sélection à l’emporte-pièce, d’autres semblent bien plus détendus. C’est le cas du Pr Djillali Annane, doyen à Versailles-Saint-Quentin-en Yvelines, qui estime, en parlant des lettres de motivation, qu’« il ne faut pas trois heures pour en lire une, elles font généralement 400 mots et tiennent sur une page », rapporte Le Monde. C’est aussi le cas de Jean Sibilia, président de la conférence des doyens, qui a déclaré que « la participation des chefs de clinique donne un sens à leur mission et au compagnonnage »

Parmi les doyens, certains auraient choisi la solution en loucedé. Dans la plupart des facs, ils auraient donné la consigne de sauter l'étape lettre de motivation, d’après le Pr Annane – mais lui fait ça proprement, bien entendu ! L’analyse se limiterait donc au CV, où les inspecteurs-CCA devront vérifier les attendus : connaissances et compétences scientifiques (analyse, abstraction, logique, expérimentation) ou encore les compétences en communication écrite et orale dans au moins une langue étrangère.

Pour ceux qui le font consciencieusement, il faudra aussi noter la lettre de motivation, donc, avec les critères suivants : elle ne devra pas être recopiée à partir d’une lettre type, le candidat devra faire preuve d’une bonne orthographe et grammaire et exposer un projet professionnel « clair, explicite et motivé ». Allez, bon courage !

Source: 

Jonathan Herchkovitch

Portrait de La rédaction

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