"Nous avions déjà dénoncé en septembre la situation compliquée sur l’hôpital des enfants"

Pour Pauline Salingue, délégué syndicale au CHU de Toulouse, la démission en bloc des chefs de service de l'hôpital des enfants est la juste conséquence de la dégradation des conditions de travail des personnels du CHU, mais aussi de la présentation du projet de plan hivernal. 

What's up Doc. Vous attendiez-vous à cette démission des chefs de service de l’hôpital des enfants ? 

Pauline Salingue. On ne s’attendait pas à une vague de démissions aussi massives quand même, et aussi brusque. Mais nous avions déjà dénoncé au mois de septembre la situation compliquée sur l’hôpital des enfants, avec 14 lits fermés. Pour nous, c’était dramatique et scandaleux, mais pour la direction, le taux d’occupation de l’hôpital des enfants était inférieur, et il y avait trop de lits. Mais c’est le projet de plan hivernal qu’a présenté la direction et qui a provoqué la démission en bloc des chefs de service. Ce plan se terminerait plutôt que prévu, en février, et le nombre de lits ne correspond pas du tout à la réalité, si bien que des enfants pourraient pas être hospitalisés. 

WUD. La situation du CHU de Toulouse est-elle particulière ou reflète-t-elle bien la situation vécue dans les CHU en France ? 

P.S. Je pense que c’est très représentatif de ce qui se passe en France, avec des aspect exacerbés, du fait d’une direction qui avance à marche forcée. Mais la direction pourrait aussi se positionner contre la politique menée au niveau national, à base de coupe budgétaire, qui mettent les hôpitaux dans une situation catastrophique. Il est vrai que chez nous, il y a aussi beaucoup de résistance, avec une grève des urgences durant le mois d’octobre, et aujourd’hui des démissions en cascade de médecins de leurs fonctions administratives. Mais ce qui se passe chez nous se passe partout ailleurs, avec des fermetures de lits, des fermetures de service, des hôpitaux de proximité qui ferment. 

"Nous avons noté que les médecins seront présents, ce qui est assez rare"

WUD. Lors de la grève des urgences, justement, la direction a rejeté la faute sur les syndicats, qu’en pensez-vous ?

P.S. Jusqu’à nouvel ordre, ce ne sont pas les syndicats qui ferment des lits ou qui suppriment des postes. Par ailleurs, concernant les urgences, c’était pas faute de les avoir prévenus des mois durant, sur la situation qui se dégradait, sur des personnels qui n’étaient plus en capacité de soigner par manque de moyens. Les syndicats ne sont responsables en rien de cette situation. Nous avons défendu nos collègues, et les patients : quand on se bat pour augmenter le nombre de lits, c’est bien pour sauvegarder les conditions de prise en charge des patients !!

WUD. Y a-t-il d’autres services en souffrance au CHU de Toulouse ? 

P.S. J’ai envie de vous dire : pratiquement tous ! Aujourd’hui une grève nationale et à l’échelle locale est en préparation, et nous avons organisé une manifestation à 14 heures. Nous avons noté que les médecins seront présents, ce qui est assez rare. Ce que l’on subit, on le subit tous et toutes  : il n’y a pas d’un côté le personnel médical et d’un autre côté le personnel paramédical. Tout le monde manque de moyens, tout le monde manque de personnels, les fermetures de lits se multiplient. 

WUD. Le CIH est-il présent chez vous ? 

P.S. Un certain nombre de médecins du CHU de Toulouse ont signé la tribune, et nous avons une action syndicale qui est forte au niveau du CHU mais nous travaillons avec eux au niveau régional et national. 

WUD. Les confédérations travaillent-elles avec les médecins ? 

P.S. Oui tout à fait à Toulouse, nous manifestons et nous organisons une conférence de presse en commun avec l’association des médecins urgentistes de France (Amuf). 

Portrait de Jean-Bernard Gervais

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